Fiches conseil 05 et 16, UDAP des Bouches-du-Rhône et CAUE 13
Tuile canal, tuile marseillaise, tuile romane : les trois couvertures des Bouches-du-Rhône
Deux systèmes de couverture cohabitent sur le même département, et ils n'ont ni la même histoire, ni la même mise en œuvre, ni la même pente admissible. La tuile canal, ronde et sans emboîtement, couvre le bâti ancien des villages et des bastides depuis le Moyen Âge. La tuile plate dite marseillaise, née de l'industrialisation du XIXe siècle, couvre les quartiers marseillais, les cités ouvrières et les bâtisses bourgeoises de cette époque. Savoir laquelle vous avez sur la tête détermine ce que vous pouvez poser à sa place, ce que la mairie autorisera, et le poids que votre charpente devra supporter.
Deux histoires superposées sur le même département
La tuile creuse est le matériau de couverture historique du bassin méditerranéen. Les Romains employaient déjà deux pièces complémentaires, la tegula plate à rebords et l'imbrex arrondie qui coiffait le joint : le principe du courant et du couvert est là, presque inchangé. Dès le XIIIe siècle, la tuile creuse est d'usage courant en Provence. Le matériau étant fragile et difficile à transporter, des tuiliers ambulants assuraient longtemps la cuisson sur place, au plus près du chantier.
Les tuileries sédentaires apparaissent à partir du XVIIIe siècle. La fiche conseil de l'UDAP des Bouches-du-Rhône donne un repère précis : dès 1805, on comptait vingt et une tuileries-briqueteries artisanales dans les quartiers de l'Estaque, à Marseille. Le bassin de Séon disposait de l'argile, du bois, et surtout d'une rade pour expédier. C'est cette conjonction qui fera de Marseille une capitale de la terre cuite pour un siècle et demi.
La rupture intervient au milieu du XIXe siècle avec la tuile plate mécanique à emboîtement. Le premier brevet de tuile mécanique est déposé par les frères Gilardoni, en Alsace, à la date de 1841. Le procédé d'assemblage par rainures d'emboîtement présente un triple intérêt : rendre les tuiles solidaires entre elles, mieux guider l'eau, et éviter les recouvrements excessifs, donc alléger la couverture. La facilité de pose réduit par ailleurs le temps de chantier. Munie d'un crochet en sous-face, la tuile mécanique s'adapte à des pentes très variées, ce qui lui ouvre des formes de toits que la canal ne pouvait pas couvrir.
Marseille s'empare du procédé et l'industrialise. La plupart de ces tuiles sont alors produites dans le bassin de Séon, dans la vallée de l'Huveaune, ainsi qu'aux Milles, à Aix-en-Provence. Le modèle se diffuse par catalogues, avec une profusion d'accessoires : tuiles de rive dentelées, tuiles faîtières ornées, crêtes de faîtage, épis, frontons. La « tuile de Marseille » devient un produit d'exportation mondial, et c'est ce succès qui explique la géographie actuelle du département — Marseille intra-muros et les extensions urbaines du XIXe siècle en marseillaise, villages perchés, mas et bastides en canal. Beaucoup de communes portent les deux, parfois dans la même rue.
Fiche conseil « les toitures en tuiles plates dites marseillaises » (UDAP 13 / CAUE 13), à propos de l'année 1841 : « les frères Gilardoni déposent le premier brevet de tuile mécanique. Le procédé d'assemblage par rainures d'emboîtement présente le triple intérêt de rendre les tuiles solidaires, de mieux guider l'eau, d'éviter les recouvrements excessifs et donc d'alléger le poids des couvertures. »
Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/16-Les-toitures-en-tuiles-plates-dites-marseillaisesLa tuile canal : courant, couvert, et trois façons de la poser
La tuile canal est un tronc de cône ouvert, sans aucun système d'accrochage. Elle tient par son poids, par son galbe et par le recouvrement. La couverture se compose de deux couches inversées : la tuile de courant, posée creux vers le ciel, forme la gouttière qui conduit l'eau vers l'égout ; la tuile de couvert, retournée par-dessus, chevauche deux courants voisins et protège le joint. Les rangs se recouvrent d'un tiers. Une couverture de ce type représente 21 à 26 tuiles au mètre carré, pour des pièces d'environ 500 sur 210 millimètres, et pèse de 54,6 à 64 kilos par mètre carré.
La pente traditionnelle est faible : de 27 à 33 %, soit quinze à dix-huit degrés environ, ce qui correspond aux formes simples à un ou deux pans symétriques du bâti provençal. Le NF DTU 40.22, qui régit la mise en œuvre des couvertures en tuiles canal de terre cuite, encadre pentes et recouvrements par zone géographique de concomitance vent-pluie et par situation du bâtiment — protégée, normale ou exposée. C'est ce paramètre qui explique qu'une même tuile ne se pose pas de la même façon à Aubagne, abritée, et à Port-Saint-Louis-du-Rhône, en plein couloir de vent.
Trois mises en œuvre traditionnelles coexistent dans le département, et l'une des questions les plus mal posées est « faut-il sceller ou poser à sec ». La réponse dépend du support :
- Pose sur chevrons triangulaires ou quartons — support discontinu, les tuiles de courant reposant directement entre les chevrons ; pose à sec ou scellée.
- Pose sur mallons de couvert en terre cuite ou voliges, avec lit de chaux — support continu, pose scellée.
- Pose sur voliges et liteaux — support continu, pose à sec avec des tuiles à tenons, le tenon venant buter sur le liteau.
Le scellement se fait au mortier de chaux, jamais au ciment sur du bâti ancien : la chaux reste souple, rattrape les imperfections de la charpente et accompagne les mouvements de la maçonnerie. Le ciment, trop rigide, fissure et se décolle. La fiche conseil départementale demande par ailleurs de sceller à la chaux les tuiles faîtières et les arêtiers, deux points où le vent travaille le plus. Ces choix se tranchent sur le toit, une fois le support découvert, et ils font partie de ce qu'un devis de réfection en tuile canal doit expliciter.
Fiche conseil « les toitures en tuiles rondes » (UDAP 13 / CAUE 13) : pentes faibles de 27 à 33 %, deux couches inversées de tuiles rondes posées en rangs se couvrant d'un tiers, trois supports possibles — chevrons triangulaires ou quartons, mallons de couvert ou voliges sur lit de chaux, voliges et liteaux avec tuiles à tenons.
Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/les-toitures-en-tuiles-rondesLa tuile marseillaise : emboîtement, tenons et pente forte
La tuile plate mécanique dite marseillaise, ou « tuile à côte », fonctionne à l'inverse de la canal : elle est solidaire de ses voisines. Des rainures d'emboîtement latérales et longitudinales assemblent les pièces, des nervures guident l'eau vers le bas, et un crochet en sous-face vient s'accrocher sur le liteau. La couverture devient un plan continu et léger plutôt qu'un empilement.
Les chiffres marquent bien la différence. Une toiture en tuiles à emboîtement grand modèle utilise des pièces d'environ 430 sur 260 millimètres, soit 12 à 14 tuiles au mètre carré, pour un poids de 42,5 à 47,5 kilos par mètre carré. Face aux 54,6 à 64 kilos de la canal, l'écart va de vingt-huit à trente-cinq pour cent selon les modèles. Une charpente calculée pour de la marseillaise ne reprend donc pas forcément une couverture en canal sans vérification, et l'inverse crée des soulèvements imprévus si la fixation ne suit pas.
Surtout, la marseillaise appelle des pentes plus fortes. La fiche conseil départementale indique que les tuiles mécaniques prévoient des mises en œuvre sur des toits ayant des pentes importantes, de l'ordre de 45 %. C'est précisément ce que la tuile canal ne sait pas faire, et ce qui a permis à la marseillaise d'accompagner les typologies architecturales du XIXe siècle : bâtiments industriels, pavillons des cités ouvrières, bâtisses bourgeoises aux volumes plus découpés. Les couvertures en tuiles de terre cuite à emboîtement relèvent d'ailleurs d'un autre document technique que la canal, le NF DTU 40.21.
Une toiture marseillaise ne se réduit pas à ses tuiles courantes. Elle s'accompagne d'une famille d'accessoires en terre cuite qui font sa valeur patrimoniale et que la fiche conseil demande expressément de préserver : tuiles de rive parfois dentelées, tuiles faîtières ornées allant de la simple faîtière à la crête de faîtage monumentale, épis de faîtage à boule ou à double boule, frontons, ornements de lucarnes. Le débord de toit compte autant : pannes retaillées en doucine, jambes de force chantournées, lambrequins fermant le débord, sous-face en voligeage de bois. Ces pièces sont toujours fabriquées aujourd'hui ; les remplacer par un profil standard ou par des tuiles de rive en canal détruit la cohérence de l'ensemble. Leur reprise relève des points singuliers et, pour les débords et les planches de rive, de la zinguerie.
Fiche conseil UDAP 13 / CAUE 13, comparatif : tuiles à emboîtement grand modèle, environ 430 x 260 mm, 12 à 14 tuiles/m², 42,5 à 47,5 kg/m² ; tuiles canal de courant et couvert, environ 500 x 210 mm, 21 à 26 tuiles/m², 54,6 à 64 kg/m². Mises en œuvre des tuiles mécaniques prévues sur des pentes importantes, de l'ordre de 45 %.
Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/16-Les-toitures-en-tuiles-plates-dites-marseillaisesLa tuile romane, et comment reconnaître la sienne depuis le sol
Entre les deux se glisse une troisième famille, souvent confondue avec la canal : la tuile romane emboîtante. Elle imite le galbe de la tuile ronde — une partie creuse et une partie bombée moulées d'un seul tenant — mais elle possède un emboîtement latéral comme une tuile mécanique. Une seule pièce remplace donc le couple courant-couvert. Elle est plus légère, plus rapide à poser, elle se fixe et elle tolère des pentes que la canal n'accepte pas. Elle appartient techniquement à la famille des tuiles à emboîtement, pas à celle des tuiles rondes, même si de loin elle en a l'allure. La fiche conseil départementale distingue explicitement ces trois types : tuile canal courant-couvert, tuile romane emboîtante, tuile plate mécanique.
Reconnaître sa propre couverture ne demande ni échelle ni drone. Regardez d'abord la rive, sur le côté du toit, et la ligne d'égout. Si vous distinguez deux niveaux de tuiles nettement séparés, une rangée creuse et une rangée bombée alternées, c'est de la canal. Si le toit forme un plan régulier de pièces identiques qui se répètent avec un motif de nervures, c'est une tuile à emboîtement : marseillaise si elle est plate et nervurée, romane si elle a une vague.
Le deuxième indice est la pente. Une toiture à pente très douce, où l'on distingue mal la ligne de faîtage depuis la rue, est presque toujours en canal. Une toiture visiblement inclinée, avec des versants qui montent franchement, est en tuile mécanique. Le troisième indice est le faîtage : un faîtage épais, maçonné, où l'on voit le mortier de chaux entre les faîtières, appartient au monde de la canal ; un faîtage régulier fait de pièces moulées identiques, parfois orné d'une crête ou d'un épi, appartient à la marseillaise.
Le quatrième indice est le débord. La génoise — ce cordon de tuiles canal scellées en encorbellement sur un à quatre rangs, qui couronne le mur et rejette l'eau au loin — signe le bâti provençal traditionnel. Une passée de toit en voliges avec lambrequin et abouts de chevrons débordants signe la construction du XIXe siècle. Enfin, un même bâtiment peut porter les deux systèmes : un corps de logis ancien en canal, une extension ou une surélévation de la fin du XIXe siècle en marseillaise. Ce n'est pas une anomalie, c'est une strate d'histoire, et cela se traite versant par versant.
- Deux niveaux alternés, creux et bombés, visibles en rive : tuile canal
- Plan régulier de pièces plates nervurées, faîtage en éléments identiques : tuile marseillaise
- Galbe de canal mais pièce unique qui s'emboîte : tuile romane
- Pente très douce, faîtage maçonné à la chaux, génoise en débord : bâti traditionnel en canal
- Pente franche, lambrequin, épi ou crête de faîtage : couverture du XIXe siècle en marseillaise
Ce que le PLU et l'architecte des bâtiments de France autorisent
Changer de famille de tuile n'est pas une décision esthétique libre. La fiche conseil de l'UDAP 13 est directe : les travaux de réfection de toiture modifient l'aspect extérieur d'un bâtiment et doivent faire l'objet d'une déclaration préalable en mairie pour être autorisés avant toute exécution. La fiche invite même à passer par un permis de construire dès que la pente, la hauteur ou le type de couverture changent. Le code de l'urbanisme est plus précis : passer de la canal à la marseillaise, ou l'inverse, modifie l'aspect extérieur et relève de la déclaration préalable, le permis n'étant exigé que si le chantier crée plus de vingt mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, ou modifie les structures porteuses avec changement de destination. C'est le service urbanisme de la commune qui tranche le régime applicable.
Le document local vient ensuite préciser. Le plan local d'urbanisme, ou le plan local d'urbanisme intercommunal là où la métropole Aix-Marseille-Provence en a approuvé un, peut fixer la pente des toits et l'aspect des tuiles à respecter. Certaines zones encadrent le modèle de tuile admis, écartent les teintes noires, mouchetées ou trop claires, imposent une fourchette de pente, un nombre de rangs de génoise, un traitement de rive. Le règlement de zone, consultable sur le portail du plan local d'urbanisme intercommunal ou en mairie, est le seul document qui réponde à la question pour votre parcelle. La procédure complète est détaillée sur la page déclaration préalable de toiture.
En site patrimonial remarquable — les centres anciens d'Aix-en-Provence et d'Arles sont les cas les plus connus du département — et dans le périmètre des abords d'un monument historique, l'architecte des bâtiments de France rend un avis conforme : l'autorité qui délivre l'autorisation d'urbanisme doit s'y conformer. Le délai d'instruction s'en trouve allongé par rapport à une commune ordinaire. Sur ces secteurs, les prescriptions habituelles sont connues : conserver le matériau d'origine, réemployer les tuiles anciennes, sceller à la chaux, préserver les accessoires en terre cuite. Voir refaire sa toiture en périmètre ABF.
Une prescription revient systématiquement et surprend souvent les propriétaires : la substitution n'est pas symétrique. La fiche conseil consacrée aux marseillaises l'écrit noir sur blanc — on ne doit pas remplacer des tuiles plates par des tuiles canal lorsque les pentes et le style architectural du bâti ne s'y prêtent pas, et les tuiles de rive sont à remplacer dans le même style, non par des tuiles canal. Autrement dit, la canal n'est pas « plus provençale » et donc toujours préférable : sur une bâtisse du XIXe siècle à pente forte, elle est techniquement et patrimonialement fausse. Inversement, la fiche consacrée aux tuiles rondes considère que les tuiles mécaniques à emboîtement, trop rigides, sont inadaptées au bâti ancien, de même que les panneaux supports de tuiles rigides ou bitumineux.
Article R*421-17 du code de l'urbanisme : sont soumis à déclaration préalable « les travaux ayant pour effet de modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment existant », sous réserve des exceptions énumérées par le même article et par l'article R*. 421-13. Un changement de type de couverture ou de teinte, comme une modification de pente qui ne crée ni surface ni volume, relève donc de cette déclaration préalable ; le permis n'est exigé qu'au titre de l'article R*421-14, lorsque les travaux créent plus de vingt mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol ou modifient les structures porteuses avec changement de destination.
Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034355355Mélanger les deux, et la question des tuiles de récupération
Le panachage n'est pas interdit, il est même recommandé — à condition de savoir où l'on panache. La fiche conseil départementale décrit la pratique de référence : lorsqu'une réfection complète s'impose sur un bâti ancien, on choisit des tuiles rondes de courant et de couvert, et pour un meilleur effet on met en œuvre des tuiles canal neuves en pose de courant et des tuiles anciennes de récupération en pose de couvert. La logique est simple : la tuile de courant travaille, reçoit l'eau en continu et doit être saine ; la tuile de couvert est celle que l'on voit, et c'est elle qui porte la patine. Si l'on doit panacher les tuiles de couvert entre plusieurs provenances, la seule règle est d'éviter les contrastes de couleur trop forts, qui produisent un damier visible depuis la rue et depuis les points hauts.
Pour une réparation ponctuelle, la même logique s'applique à plus petite échelle : on récupère les anciennes tuiles rondes en bon état pour les employer en tuiles de couvert, et l'on complète en courant. Une toiture provençale bien reprise ne se remarque pas.
Les tuiles de récupération posent malgré tout une question de qualité que les tuiliers réglaient autrefois à l'oreille. La fiche conseil sur les marseillaises rapporte la méthode : pour détecter les défauts cachés, on faisait tinter les tuiles en les entrechoquant ; si elles ne produisaient pas un son clair, cela signifiait qu'elles présentaient une fêlure ou avaient subi une mauvaise cuisson, et elles n'étaient pas commercialisées. Les tuiles rebutées finissaient hourdées au mortier dans les murs de clôture autour des tuileries — on en voit encore dans le quartier Saint-Henri, à Marseille. Le test tient toujours sur un lot de récupération : une tuile sourde est une tuile fêlée ou gélive, donc à écarter, quel que soit son aspect.
Deux réflexes complètent le tri. D'abord, conserver les mallons de couvert en terre cuite quand ils existent encore sous la couverture : ils apportent une inertie thermique qui améliore le confort d'été, et les déposer par commodité de chantier fait perdre un avantage que nul isolant mince ne remplacera. Ensuite, se rappeler qu'une tuile ancienne réemployée en couvert n'assure aucune fonction d'étanchéité de second rang : c'est l'écran de sous-toiture, absent des couvertures traditionnelles, qui joue ce rôle lorsqu'on le rajoute à la dépose. C'est l'un des arbitrages centraux d'un remaniement après un coup de mistral, où l'on ouvre le toit sans forcément tout changer.
Fiche conseil « les toitures en tuiles rondes » (UDAP 13 / CAUE 13) : « Pour un meilleur effet, on peut mettre en œuvre des tuiles canal neuves en pose de courant et des tuiles anciennes de récupération en pose de couvert. Si l'on doit panacher les tuiles de couvert, veillez à éviter les contrastes de couleur trop forts. Scellez les tuiles faîtières et les arêtiers au mortier de chaux. »
Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/les-toitures-en-tuiles-rondesQuestions fréquentes
Comment reconnaître une tuile canal d'une tuile marseillaise depuis le sol ?
Regardez la rive et l'égout. La canal montre deux niveaux alternés, une rangée creuse et une rangée bombée posée par-dessus. La marseillaise forme un plan régulier de pièces plates identiques, avec des nervures et un faîtage fait d'éléments moulés. La pente aide aussi : très douce pour la canal, franchement inclinée pour la mécanique.
Quelle est la différence entre une tuile romane et une tuile canal ?
La romane imite le galbe de la canal mais réunit le creux et le bombé dans une seule pièce, munie d'un emboîtement latéral. Elle appartient donc techniquement à la famille des tuiles à emboîtement. La canal, elle, reste un système à deux pièces distinctes, courant et couvert, sans aucun accrochage mécanique entre elles.
Peut-on remplacer des tuiles plates marseillaises par des tuiles canal ?
La fiche conseil de l'UDAP 13 le déconseille explicitement lorsque la pente et le style architectural du bâti ne s'y prêtent pas, et demande de remplacer les tuiles de rive dans le même style plutôt que par des tuiles canal. Sur le plan administratif, un changement de type de couverture modifie l'aspect extérieur du bâtiment et relève de la déclaration préalable au titre de l'article R*421-17 du code de l'urbanisme, le permis n'étant exigé que si le chantier crée plus de vingt mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, ou modifie les structures porteuses avec changement de destination.
Faut-il sceller les tuiles canal ou les poser à sec ?
Cela dépend du support. Sur chevrons triangulaires ou quartons, la pose se fait à sec ou scellée. Sur mallons de couvert ou voliges avec lit de chaux, elle est scellée. Sur voliges et liteaux, elle se fait à sec avec des tuiles à tenons. Dans tous les cas, les faîtières et les arêtiers se scellent au mortier de chaux.
Quelle pente pour une toiture en tuile canal dans les Bouches-du-Rhône ?
Le bâti traditionnel du département présente des pentes faibles, de 27 à 33 %, soit quinze à dix-huit degrés environ. Le NF DTU 40.22 encadre les pentes et recouvrements admissibles selon la zone géographique de concomitance vent-pluie et la situation du bâtiment, protégée, normale ou exposée. Le plan local d'urbanisme peut, par-dessus, imposer sa propre limite.
Une toiture en canal est-elle plus lourde qu'une toiture en marseillaise ?
Oui, de l'ordre de trente pour cent. Une couverture en canal de courant et de couvert représente 21 à 26 tuiles au mètre carré pour 54,6 à 64 kilos par mètre carré. Une couverture en tuiles à emboîtement grand modèle représente 12 à 14 tuiles au mètre carré pour 42,5 à 47,5 kilos. Tout changement de famille impose de faire vérifier la charpente.
Les tuiles de récupération sont-elles fiables ?
Employées en couvert et correctement triées, oui : c'est la pratique recommandée sur le bâti ancien, avec des tuiles neuves en courant. Le tri se fait à l'oreille, comme dans les tuileries d'autrefois : une tuile que l'on entrechoque doit rendre un son clair. Un son sourd signale une fêlure ou une mauvaise cuisson, donc une tuile à écarter.
Le PLU peut-il m'imposer la couleur et le modèle de mes tuiles ?
Oui. Le plan local d'urbanisme communal, ou le plan local d'urbanisme intercommunal là où la métropole Aix-Marseille-Provence en a approuvé un, peut préciser la pente des toits et l'aspect des tuiles à respecter, jusqu'à la teinte. En site patrimonial remarquable, comme les centres anciens d'Aix-en-Provence et d'Arles, l'architecte des bâtiments de France rend un avis conforme que la mairie doit suivre.
Votre devis de toiture
Décrivez votre situation — fuite en cours, tuiles envolées, toiture à refaire, charpente attaquée, toit-terrasse voté en assemblée générale. Une entreprise de couverture du secteur vous rappelle. Nous intervenons dans les Bouches-du-Rhône et les communes voisines, d'Avignon à Toulon. Devis gratuit et sans engagement.
Une toiture à reprendre ?