NF DTU 40.5 — Travaux d'évacuation des eaux pluviales
Le couvreur-zingueur dans les Bouches-du-Rhône : chéneaux, gouttières et génoises
La zinguerie est la partie de la couverture qui ne porte aucune tuile : elle recueille l'eau et l'emmène loin des murs. Dans les Bouches-du-Rhône, elle travaille dans des conditions dures, entre des épisodes méditerranéens qui déversent cent à deux cents millimètres en quelques heures et un mistral qui décroche les crochets. Le bâti provençal ancien lui ajoute deux ouvrages qu'on ne rencontre pas partout : le chéneau encaissé dans l'épaisseur du mur, et la génoise, cette corniche faite de rangs de tuiles canal maçonnées. Cette page décrit ce que fait réellement un couvreur-zingueur, ouvrage par ouvrage, et ce qui sépare une reprise durable d'un rafistolage qui tiendra jusqu'au prochain orage.
Ce que recouvre le métier de couvreur-zingueur
Le couvreur pose et remanie la couverture : tuile canal, tuile marseillaise, tuile romane. Le zingueur traite tout ce qui, autour de cette couverture, conduit l'eau : la gouttière, le chéneau, la descente d'eau pluviale, la noue qui recueille l'eau à la rencontre de deux versants, l'abergement qui ceinture une souche de cheminée, le solin qui referme la jonction entre couverture et maçonnerie. En pratique, dans le département, la même entreprise porte les deux qualifications et se présente comme couvreur-zingueur : sur un toit provençal, les deux métiers se croisent tous les deux mètres.
L'étancheur, lui, est un troisième métier. Il intervient sur les toits plats et les toits-terrasses, avec des membranes bitumineuses, des membranes synthétiques ou des systèmes d'étanchéité liquide. Le charpentier travaille la structure : panne, chevron, arbalétrier, moisage d'une pièce affaiblie. Savoir qui appeler évite de perdre du temps : une tuile qui glisse relève du couvreur, une descente d'eau pluviale arrachée relève du zingueur, un plancher de comble qui fléchit relève du charpentier.
La distinction compte parce que l'eau se moque des frontières de métier. Une infiltration qui apparaît au plafond d'une chambre vient rarement d'une tuile fendue : dans le bâti ancien du département, elle vient plus souvent d'un chéneau qui a perdu son étanchéité, d'une noue percée par la corrosion, ou d'une génoise qui prend l'eau par le dessus et la conduit dans l'épaisseur du mur. Le diagnostic commence donc par les ouvrages de zinguerie, pas par la couverture.
Le vocabulaire de l'ouvrage suit l'eau, de haut en bas. La naissance est la pièce qui raccorde le fond de gouttière à la descente. La crapaudine est le panier grillagé qui s'y emboîte pour retenir les feuilles et les aiguilles de pin. La besace est la pièce de raccordement qui permet de contourner un débord ou de reprendre un décalage entre deux plans. Le dauphin est le tronçon rigide, souvent en fonte, qui termine la descente au niveau du sol : il encaisse les chocs, les coups de pied et les tondeuses, là où un tube mince se serait déformé depuis longtemps.
Une entreprise qui emploie ces mots devant vous, et qui vous montre d'où part l'eau et où elle arrive, a regardé le toit. C'est le premier signal de sérieux, avant même la garantie décennale.
Les ouvrages d'évacuation des eaux pluviales (gouttières, chéneaux, descentes) relèvent du NF DTU 40.5. Il fixe notamment une pente minimale d'écoulement des gouttières et chéneaux, les règles de fixation et les dispositions de dilatation. Les gouttières et descentes en PVC en sont exclues : elles relèvent de la norme NF P 41-212.
Source : https://boutique.cstb.fr/Detail/Documents-Techniques-Unifies/DTU-NF-DTU/40-Couverture/DTU-40-5-Travaux-d-evacuation-des-eaux-pluvialesGouttière pendante et chéneau encaissé : deux ouvrages, deux risques
La gouttière pendante est suspendue à l'extérieur, accrochée par des crochets fixés sur la planche de rive ou sur le chevron. Elle est visible, donc contrôlable : une jonction qui suinte laisse une trace verte sur le mur, un crochet descellé fait pencher le profil, une descente bouchée fait déborder l'eau en nappe. Le défaut se voit avant de faire des dégâts, et la réparation se fait par l'extérieur, sans toucher au bâti.
Le chéneau encaissé est l'inverse. C'est un canal maçonné, creusé dans l'épaisseur du mur ou logé derrière un acrotère, habillé d'une feuille de zinc ou d'une résine d'étanchéité. On le trouve massivement sur les immeubles marseillais, sur les bastides et sur les maisons de village aux toitures en appentis. Sa particularité : quand il fuit, l'eau ne tombe pas dehors. Elle descend dans la maçonnerie, chemine entre deux parements, ressort trois mètres plus bas sous la forme d'une auréole au plafond ou d'un salpêtre au pied du mur intérieur. Le temps qu'on comprenne, la solive d'about a passé plusieurs hivers humide.
Les points de rupture d'un chéneau encaissé sont toujours les mêmes. La soudure à l'étain, à la jonction de deux feuilles de zinc, finit par fatiguer sous l'effet des cycles de dilatation. La naissance, où la section se réduit brutalement, se fissure. Les feuilles mortes et les aiguilles de pin comblent le fond, l'eau stagne, gèle quelques nuits par an dans l'arrière-pays et décolle l'ouvrage. Et lors d'un épisode méditerranéen, le débit dépasse la section utile : le chéneau déborde par l'arrière, côté maçonnerie, alors même qu'il n'a aucune fuite.
La reprise se joue en deux options. Le remplacement : dépose de l'habillage ancien, reprise du support maçonné, façonnage d'une nouvelle feuille avec dilatation ménagée, ressaut et relevés suffisants. Le chemisage : mise en œuvre d'une résine armée sur toute la longueur, qui reconstitue une étanchéité continue sans aucune soudure, solution utile quand la dépose serait destructrice pour un bâti ancien. Dans les deux cas, le point critique n'est pas le fond du chéneau, c'est le relevé contre la maçonnerie et le raccord sur la couverture : c'est par là que l'eau repart si la hauteur est insuffisante.
Sur un toit à deux versants, la noue pose le même problème en pire : elle concentre l'eau de deux pans sur une seule ligne. Une noue trop courte, mal encastrée sous les tuiles canal de rive, renvoie l'eau sous la couverture au premier orage soutenu. Si l'eau apparaît chez vous à chaque forte pluie mais jamais par temps calme, notre page urgence, fuite et bâchage explique la marche à suivre immédiate.
Zinc, aluminium, cuivre, PVC : le choix se fait aussi selon l'air marin
Le zinc reste la référence du métier. On travaille du zinc-titane en feuilles ou en longues feuilles, assemblé par soudure à l'étain, ce qui permet de façonner sur mesure n'importe quelle forme : angle de mur biais, besace, jonction de chéneau, moignon de descente. Il se couvre en quelques années d'une patine grise de carbonate basique de zinc, qui le protège ensuite durablement. Sa contrainte est mécanique : il se dilate d'environ vingt-deux millièmes de millimètre par mètre et par degré. Sur un chéneau de dix mètres soumis à un écart de température de cinquante degrés entre une nuit de janvier et une après-midi d'août sur une toiture sombre, cela représente plus d'un centimètre de mouvement. Un zingueur qui ne ménage pas de joint de dilatation obtient une fissure, toujours au même endroit, quelques saisons plus tard.
L'aluminium laqué a une logique inverse : la gouttière est profilée sur place, en continu, à partir d'une bobine déroulée par une machine installée devant la maison. Il n'y a alors aucune soudure sur toute la longueur du rampant, donc aucun point faible de jonction, et le laquage donne une teinte tenue dans le temps. C'est une solution rationnelle sur les pavillons et les maisons de lotissement à longs rampants droits. Elle est moins pertinente sur un bâti ancien à géométrie irrégulière, où la valeur ajoutée du zingueur est précisément de façonner à la main les pièces particulières.
Le cuivre tient très longtemps et prend une patine vert-de-gris caractéristique ; on le réserve aux édifices de caractère et aux bâtiments protégés, où l'aspect est prescrit. Le PVC coûte peu et se pose vite, mais il se déforme sous la chaleur, se craquelle sous l'ultraviolet et supporte mal les échelles : sur une exposition plein sud du département, sa durée de service est nettement plus courte que celle d'un ouvrage métallique.
Le facteur qui tranche vraiment, sur le littoral, est l'air marin. À Martigues, à La Ciotat, sur les quartiers ouest de Marseille et sur la côte bleue, les embruns déposent en continu des chlorures sur les ouvrages exposés. Ils attaquent les points où deux métaux différents se touchent : une patte en acier sur une gouttière en zinc, une vis en acier non protégée dans une descente en aluminium, et la corrosion galvanique commence. Le remède est banal mais souvent négligé : accessoires du même métal ou en inox, isolation des contacts, et rinçage naturel de l'ouvrage — un chéneau qui ne se vide jamais complètement concentre le sel au lieu de l'évacuer.
Enfin, le mistral. Un profil correctement dimensionné mais mal fixé se comporte comme une aile : les rafales documentées entre quatre-vingts et cent trente kilomètres par heure sur Marignane, Martigues et La Ciotat suffisent à arracher une gouttière dont les crochets sont espacés trop largement ou vissés dans une planche de rive vermoulue. Le nombre de crochets et la qualité de leur support comptent autant que le métal choisi.
La génoise, corniche provençale en rangs de tuiles canal
La génoise est un ouvrage de couronnement : un ou plusieurs rangs de tuiles canal maçonnés au mortier en bandeau, chaque rang débordant légèrement sur celui du dessous, jusqu'à porter l'égout du toit en avant du mur. Sa fonction est hydraulique avant d'être décorative : elle écarte le ruissellement du parement et protège le pied de mur. On compte traditionnellement d'un à quatre rangs, et le nombre de rangs a longtemps signalé le standing de la maison — un rang sur une maison de village, trois ou quatre sur une bastide.
Une génoise se dégrade rarement par en dessous. Elle se dégrade par le dessus. Le mortier de couronnement se microfissure, l'eau entre dans le lit de pose, gonfle, gèle quelques nuits par an, et descelle les tuiles rang après rang. À cela s'ajoute, dans les Bouches-du-Rhône, un facteur que peu de propriétaires relient à leur toiture : le retrait-gonflement des argiles. Le département est le plus touché de la région ; le sol se rétracte en période sèche puis regonfle aux pluies d'automne, le bâti travaille, et les ouvrages rigides scellés au mortier — génoise, faîtage, arêtier — encaissent le mouvement en se fissurant. Une tuile de génoise qui tombe seule, sans tempête, est presque toujours le signe d'un descellement plus large.
La reprise correcte suit une méthode précise. On dépose les rangs concernés en numérotant les tuiles, parce qu'une tuile canal ancienne, cuite au bois, ne se remplace pas à l'identique par un produit de négoce : le réemploi est la seule façon de conserver la teinte et la courbure. On purge le mortier mort jusqu'au support sain, on vérifie l'ancrage dans la maçonnerie, puis on remonte à la chaux — un mortier de chaux, plus souple et perméable à la vapeur, accompagne les mouvements du mur, là où un mortier de ciment rigide refissure et bloque l'évaporation dans la pierre. On termine par un raccord soigné avec le premier rang de couverture, qui doit recouvrir la génoise et non s'arrêter en retrait.
C'est exactement ce qu'une entreprise nationale de couverture ne sait pas faire. Ses équipes travaillent sur des systèmes industriels : gouttière profilée, tuile mécanique référencée, habillage aluminium. La génoise n'est ni un produit ni une référence catalogue : c'est un savoir-faire de maçon provençal, avec du réemploi, de la chaux et un jugement sur l'état de la maçonnerie. Une reprise faite au ciment gris, avec des tuiles neuves d'un autre profil, se voit depuis la rue et fragilise le mur pour longtemps.
Dans les centres anciens, cette question dépasse la technique : l'aspect de la corniche et la teinte des tuiles sont réglementés. Voyez notre page toiture en centre ancien et avis des Bâtiments de France.
Le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Marseille Provence encadre l'aspect des couvertures dans ses secteurs patrimoniaux : couverture réalisée selon une pente comprise entre vingt-cinq et trente-cinq pour cent lorsqu'elle n'est pas plate, interdiction des tuiles mouchetées, noires ou trop claires et de l'ardoise sur les constructions neuves, couronnements, corniches et passées de toiture en harmonie avec les constructions avoisinantes. Vérifiez le règlement de la zone de votre parcelle avant toute reprise visible depuis l'espace public.
Source : https://plui.ampmetropole.fr/assets/documents/PLUi_CT1_L_Reglement.pdfPlanche de rive, cache-moineaux, couvertine : finir le débord de toit
Quand la maison n'a pas de génoise, le débord de toit est fermé par des ouvrages en bois ou en métal, et ce sont eux qui portent la gouttière. La planche de rive est la pièce verticale clouée en bout de chevrons ; c'est elle qui reçoit les crochets. Une planche de rive qui a pris l'eau pendant plusieurs années ne tient plus la vis : la gouttière se met à pencher, la pente s'inverse localement, l'eau stagne, et la corrosion démarre au point bas. Beaucoup de gouttières dites « à changer » n'ont en réalité aucun défaut propre — c'est leur support qui a lâché.
Le remplacement se fait soit en bois traité et peint, soit avec un habillage en aluminium laqué agrafé sur la pièce existante quand elle est encore saine. Cet habillage supprime l'entretien périodique, mais il masque le bois : si la planche est déjà attaquée, l'enfermer sans traitement revient à cacher le problème pour cinq à dix ans. Le point de contrôle est simple : on sonde la planche à la pointe avant de décider.
Le cache-moineaux ferme le dessous du débord, entre le mur et l'égout. Son rôle est double : empêcher les oiseaux et les rongeurs de nicher dans les combles, et fermer l'aspect. Sa règle de mise en œuvre est contre-intuitive : il ne doit pas être totalement étanche. La sous-toiture a besoin d'une lame d'air ventilée, notamment sous un écran de sous-toiture, faute de quoi la vapeur d'eau condense sur les chevrons et humidifie la charpente. Un cache-moineaux plein posé sur une toiture ancienne mal ventilée crée des désordres qui n'existaient pas avant. On préfère donc des profils perforés ou des grilles anti-rongeurs.
La couvertine couronne un muret, un acrotère ou un mur de clôture. C'est une pièce profilée, en aluminium, en zinc ou en pierre, dont la fonction est de rejeter l'eau au-delà des deux parements grâce à un larmier de chaque côté. Sans larmier, l'eau revient sous la pièce par capillarité et ruisselle sur le mur : c'est la cause la plus fréquente des salissures verticales sous un muret de terrasse. Sur un acrotère de toit-terrasse, la couvertine joue un rôle supplémentaire, puisqu'elle protège la tête du relevé d'étanchéité — son défaut se paie alors en infiltration à l'intérieur, comme l'explique notre page étanchéité de toit-terrasse.
Ces trois ouvrages sont souvent traités comme de la finition. Sur le terrain, ils décident de la durée de vie du reste : une planche de rive saine tient la gouttière, un cache-moineaux ventilé garde la charpente sèche, une couvertine à larmier garde le mur propre.
La couverture en zinc à joint debout
Le zinc à joint debout n'est pas de la zinguerie d'accessoire : c'est une couverture à part entière, où le métal remplace la tuile sur toute la surface. On la rencontre dans le département sur trois familles d'ouvrages : les extensions contemporaines à faible pente accolées à une maison ancienne, les verrières et jonctions vitrées de bastides, et les toitures de bâtiments où la tuile canal serait impossible faute de pente suffisante.
Le principe : des bandes de zinc, appelées bacs, sont posées dans le sens de la pente et relevées sur leurs deux bords. Deux relevés voisins sont ensuite repliés l'un sur l'autre et sertis, ce qui forme une nervure continue — le joint debout — qui se dresse au-dessus du plan de l'eau. L'étanchéité vient donc de la géométrie du pli, pas d'un mastic ni d'une soudure. Bien exécuté, l'ouvrage n'a aucun point percé sur toute sa surface : les bacs sont tenus par des pattes agrafées dans le joint et vissées dans le support, jamais traversées par une fixation apparente.
La pente commande tout. Le NF DTU 40.41 fait dépendre la pente minimale du mode d'assemblage, de la zone de concomitance pluie-vent et de la situation d'exposition du bâtiment ; en pratique une pente minimale de cinq pour cent doit toujours être assurée, et les valeurs exigées montent nettement dès que le site est classé exposé — ce qui est fréquent sur les communes ventées du couloir rhodanien, autour d'Istres, de Fos et de Salon. Une extension dessinée à trois pour cent parce que « le zinc, ça passe partout » sort du domaine d'emploi et perd la couverture d'assurance qui va avec.
La dilatation est le second point de vigilance. Le zinc bouge d'environ vingt-deux millièmes de millimètre par mètre et par degré. Sur un long rampant exposé plein sud, l'amplitude annuelle se compte en centimètres. La mise en œuvre y répond par une répartition précise des pattes : des pattes fixes sur une zone limitée, qui bloquent le bac, et des pattes coulissantes sur le reste, qui l'autorisent à glisser. Un ouvrage entièrement fixé travaille contre lui-même : il ondule, se déforme en tôle froissée, puis fissure au droit des pattes. Les longueurs de bac, la position de la zone fixe et le traitement des raccords en égout et en faîtage font partie de l'étude, pas de l'improvisation de chantier.
Le support compte enfin autant que le métal. Un voligeage jointif, sec et plan, ou un support isolé conçu pour l'usage, avec une lame d'air ventilée sous le zinc, évite la condensation en sous-face — le désordre classique des toitures métalliques mal ventilées, où l'eau ne vient pas du ciel mais de l'intérieur.
Les pentes admissibles d'une couverture zinc à joint debout dépendent du système d'assemblage, de la zone de concomitance pluie-vent et de la situation d'exposition, avec une pente minimale de cinq pour cent toujours requise (hors toitures cintrées). Faites préciser ces trois paramètres sur le devis.
Source : https://www.vmzinc.com/fr-fr/support-et-service/principes-de-base/criteres-de-penteCe qui fait varier un devis de zinguerie
La zinguerie ne se chiffre pas au mètre linéaire universel, et une entreprise qui annonce un montant sans être montée voir l'ouvrage annonce en réalité une moyenne. Les paramètres qui pèsent réellement sont identifiables et vous pouvez les vérifier vous-même sur le document qu'on vous remet.
- La nature de l'ouvrage. Une gouttière pendante remplacée à l'identique et un chéneau encaissé repris en fond de canal ne sont pas le même chantier : le second impose une dépose partielle de la couverture en rive, la reprise du support maçonné et le traitement des relevés.
- Le métal et la façon. Zinc soudé sur mesure, aluminium profilé en continu, cuivre : chacun implique un temps d'atelier et un mode de pose différents. Le devis doit indiquer le métal, son épaisseur et le mode d'assemblage.
- L'accès. Une maison de village à rue étroite, un immeuble marseillais sans accès terrasse ou un rampant à forte hauteur imposent un échafaudage ou une nacelle. Ce poste doit être écrit, pas sous-entendu.
- L'état du support. Planche de rive vermoulue, chevrons d'about attaqués, maçonnerie de chéneau désagrégée : ces reprises se découvrent souvent à la dépose. Un devis sérieux les évoque en hypothèse chiffrée plutôt que de les découvrir en cours de chantier.
- Les points singuliers. Naissances, besaces, angles rentrants, dauphins en pied, crapaudines, traversées de descente en dalle : ce sont eux qui font le temps passé, pas la longueur droite.
Un devis de zinguerie exploitable détaille donc l'ouvrage poste par poste, nomme le métal, précise le nombre et le type de fixations, indique le traitement de la dilatation sur les longueurs importantes, et mentionne l'évacuation des gravats. S'il tient en une ligne, il ne vous engage à rien et ne vous protège de rien.
Côté garanties, l'ordre est clair. La garantie décennale vient en premier : elle couvre de plein droit les dommages qui rendent l'ouvrage impropre à sa destination, et une infiltration par un chéneau repris entre dans ce champ. Demandez l'attestation en cours de validité, avec l'activité « couverture-zinguerie » explicitement mentionnée — une attestation valable pour une autre activité ne vous couvre pas. La qualification Qualibat vient ensuite : elle atteste des moyens et des références de l'entreprise sur le type d'ouvrage concerné. Le label RGE, lui, n'a aucun objet ici : il ne concerne que les travaux d'économie d'énergie, donc uniquement l'isolation, traitée sur notre page isolation de toiture et de combles.
Article 1792 du code civil : « Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. » Version en vigueur depuis le 1er janvier 1979.
Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049101746Prix de la zinguerie et de la génoise
| Prestation | Estimation | Ce que cela comprend |
|---|---|---|
| Gouttière zinc (demi-ronde ou moulurée), dépose comprise | 60 à 175 €/ml | Inclus : dépose de l'ancienne gouttière et évacuation, fourniture du zinc naturel ou prépatiné, crochets et fixations, façonnage et soudures, moyen d'accès selon la hauteur. Fait varier : le bâti mitoyen des centres anciens qui interdit la nacelle et impose un échafaudage de pied, les secteurs protégés où le PVC est écarté au profit d'un profil mouluré façonné sur place, et le mistral qui impose des crochets rapprochés. Hors descentes, dauphins et remplacement de la planche de rive. |
| Gouttière aluminium ou PVC, dépose comprise | 35 à 110 €/ml | Inclus : fourniture des éléments (aluminium laqué, aluminium profilé sur place sans soudure, ou PVC), crochets ou colliers, angles et naissances, dépose de l'existant et évacuation, moyen d'accès. Fait varier : le camion-atelier qui profile l'aluminium doit pouvoir stationner le long du linéaire, impossible en rue étroite, la gouttière repartant alors en éléments assemblés avec des jonctions à traiter ; le PVC est souvent écarté en secteur protégé. Hors descentes, dauphins et reprise du support bois. |
| Descente d'eau pluviale (zinc, aluminium ou PVC) | 35 à 110 €/ml | Inclus : fourniture du tuyau et des coudes, colliers et fixations scellés, raccordement à la naissance de gouttière, dépose de l'ancienne descente et évacuation, moyen d'accès. Fait varier : maison de ville à étage, descente longeant un mur mitoyen, colliers scellés dans de la pierre ou une maçonnerie ancienne, développé important quand le zinc remplace du PVC en secteur protégé. Un chantier de moins de dix mètres supporte en plus le forfait de déplacement. Hors dauphin fonte et raccordement au réseau enterré. |
| Chéneau encaissé : chemisage par résine armée ou remplacement en zinc | 90 à 290 €/ml | Inclus, en chemisage : décapage du support, primaire, résine à deux couches armées d'un voile, traitement des relevés et des angles, soit 90 à 190 €/ml. Inclus, en remplacement : dépose et évacuation, reprise du support bois, zinc au développé nécessaire, soudures, relevés et bavettes sous couverture, échafaudage, soit 120 à 290 €/ml. Fait varier : le chemisage suppose un support sain et une pente correcte ; quand le fond est perforé ou déformé, la dépose s'impose. Hors maçonnerie de l'ouvrage encaissé et hors descentes. |
| Génoise en tuile canal, construite à neuf ou restaurée | 105 à 450 €/ml | Inclus : tuiles canal de récupération ou neuves vieillies, mortier de chaux, montage ou remontage des rangs à l'identique, calage et jointoiement, dépose des rangs dégradés et évacuation en restauration, échafaudage quand l'ouvrage l'exige. Fait varier : le nombre de rangs, premier déterminant du prix, chaque rang ajoutant une file complète de tuiles maçonnées ; une restauration coûte 20 à 30 % de plus qu'un ouvrage neuf équivalent. Hors reprise de la maçonnerie du mur porteur et hors chéneau. |
| Habillage de planche de rive ou couvertine d'acrotère (zinc ou aluminium) | 35 à 145 €/ml | Inclus : fourniture du profilé plié au développé mesuré, pattes ou éclisses, angles et jonctions, dépose de l'habillage existant, pose et moyen d'accès. Fait varier : rive de pignon donc en hauteur avec échafaudage obligatoire, développé important à plusieurs plis, jonctions soudées, et fixation plus dense sur les rives exposées au mistral. Hors remplacement de la planche de rive en bois pourrie, hors reprise du muret d'acrotère et hors relevé d'étanchéité, chiffré sur la page toit-terrasse. |
| Couverture zinc à joint debout | 160 à 320 €/m² | Inclus : dépose de la couverture existante et évacuation, fourniture du zinc naturel, prépatiné ou laqué, pattes fixes et coulissantes, façonnage des bacs et sertissage des joints, rives, faîtage et solins, échafaudage. Fait varier : la vallée du Rhône et le littoral, classés en zone de vent élevée, imposent des pattes rapprochées et des bacs moins larges, donc plus de joints au mètre carré ; les petites surfaces et les courbes ont un ratio façonnage sur surface très défavorable. Hors voligeage neuf, charpente, isolation et gouttières. |
La zinguerie se chiffre au mètre linéaire, et le moyen d'accès pèse souvent plus lourd que l'ouvrage lui-même : sur un bâti à étage ou mitoyen, l'échafaudage de pied représente couramment le tiers du montant d'un poste. Sous une dizaine de mètres de linéaire, le déplacement et la mise en sécurité ne s'amortissent plus et l'entreprise bascule sur un forfait d'intervention. Deux ouvrages voisins sont chiffrés ailleurs : les relevés d'acrotère et l'étanchéité d'une toiture-terrasse sur la page toit-terrasse, les solins de cheminée et les noues sur la page des points singuliers. La génoise, enfin, n'est pas de la couverture mais de la maçonnerie de tuiles : chaque rang est monté au mortier, tuile par tuile, ce qui explique son prix au mètre.
Ces fourchettes sont des estimations indicatives, pas une offre de prix. Elles s'entendent TTC, pose comprise : dépose de l'existant, évacuation en filière agréée, fournitures et main-d'œuvre, au taux de TVA applicable à un logement achevé depuis plus de deux ans. Le prix réel dépend de l'état du support découvert à la dépose, de l'accès au chantier, de la surface traitée et des prescriptions d'urbanisme applicables au secteur. Seul le devis écrit de l'entreprise, établi après visite sur place, engage un prix.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un chéneau et une gouttière ?
La gouttière est suspendue à l'extérieur du bâtiment, accrochée par des crochets sous l'égout. Le chéneau est un canal encaissé, porté par la maçonnerie ou logé derrière un acrotère, habillé de zinc ou de résine. La conséquence est pratique : une gouttière qui fuit se voit depuis la rue, un chéneau qui fuit décharge son eau dans le mur et se révèle tardivement, par une auréole au plafond.
Gouttière en zinc ou en aluminium, laquelle choisir ?
Le zinc se soude et se façonne, donc il s'adapte aux géométries irrégulières du bâti ancien et se répare localement. L'aluminium profilé en continu n'a aucune soudure sur toute la longueur, ce qui supprime les points faibles de jonction, mais il se prête mal aux formes complexes. Sur le littoral, l'essentiel est ailleurs : accessoires du même métal ou en inox, pour éviter la corrosion galvanique accélérée par les embruns.
Ma gouttière déborde à chaque orage, est-elle percée ?
Pas forcément. Trois causes précèdent la fuite. Le fond est encombré de feuilles et d'aiguilles de pin, et l'eau passe par-dessus le bord. La crapaudine est colmatée, donc la naissance ne reçoit plus rien. Ou la section est simplement insuffisante pour un épisode méditerranéen de cent à deux cents millimètres en quelques heures. Un contrôle du fond et de la descente tranche avant d'envisager un remplacement.
À quoi sert la crapaudine sur une descente d'eau pluviale ?
C'est un panier grillagé emboîté dans la naissance, au départ de la descente. Il retient les feuilles, la mousse et les aiguilles de pin qui, sans lui, s'accumulent dans le coude et bouchent la colonne. Une descente obstruée met le fond de gouttière en charge, fait refluer l'eau vers le mur et sollicite les crochets. La crapaudine doit rester visitable : posée inaccessible, elle aggrave le problème qu'elle devait éviter.
Une génoise à deux rangs peut-elle être reprise à trois rangs ?
Techniquement oui, mais c'est une modification de l'aspect extérieur, donc soumise à autorisation d'urbanisme et, dans les secteurs protégés, à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France. Le nombre de rangs relevait historiquement du standing de la maison et le règlement local peut imposer le maintien de l'existant. La règle prudente reste la reprise à l'identique, avec réemploi des tuiles canal déposées.
Combien de temps dure une gouttière en zinc ?
Un ouvrage en zinc correctement dimensionné, avec dilatation ménagée et accessoires compatibles, se compte en décennies. Ce qui le raccourcit est presque toujours extérieur au métal : stagnation permanente au fond faute de pente, contact avec un accessoire en acier, embruns concentrés sur le littoral, ou support pourri qui déforme le profil. La durée de service dépend donc davantage de la pose et de l'entretien que du matériau.
Peut-on ressouder une gouttière en zinc qui fuit ?
Oui, une jonction ou une naissance fissurée se reprend par soudure à l'étain, à condition que le métal environnant soit encore sain et suffisamment épais. Si le zinc est aminci par la corrosion sur plusieurs centimètres, la soudure tiendra quelques mois puis rouvrira à côté. Un zingueur juge cet état à la sonde. Les rustines de mastic ou de bande adhésive ne sont qu'une mesure d'attente.
Gouttière en zinc ou en aluminium, carrée ou demi-ronde : que choisir ?
Le zinc reste la référence sur le bâti ancien : il se soude, se répare localement, et sa patine s'accorde aux couvertures provençales. L'aluminium se pose le plus souvent en alu sans soudure, profilé sur place à la longueur exacte du rampant par une machine amenée sur le chantier : pas de joint donc pas de point de fuite, un choix de teintes plus large, mais une réparation qui passe par le remplacement de la section. Sur le profil, la demi-ronde est la forme traditionnelle et se nettoie mieux ; la gouttière carrée, dite moulurée ou anglaise, évacue un débit supérieur à section égale et s'accorde aux architectures à corniche marquée. Sur une façade vue depuis la rue en secteur protégé, ce choix n'est pas libre : le règlement d'urbanisme et l'architecte des bâtiments de France peuvent imposer le matériau comme la teinte.
Peut-on raccorder un récupérateur d'eau de pluie à la descente ?
Oui, et l'opération se fait au niveau de la descente, pas de la gouttière : on intercale un collecteur filtrant qui dérive l'eau vers la cuve tant qu'elle n'est pas pleine, puis laisse repartir le surplus dans le réseau. Deux précautions comptent ici. La première tient au support : une descente ancienne, souvent en zinc, ne supporte pas qu'on la perce n'importe où, et le poids de la cuve pleine doit reposer sur le sol, jamais sur l'ouvrage de zinguerie. La seconde tient à l'usage : cette eau reste une eau de toiture, chargée de poussières et de dépôts, réservée à l'arrosage et aux usages extérieurs. Une crapaudine posée en tête de descente évite que feuilles et graviers de tuile finissent dans la cuve.
Réparation de gouttière : locataire ou propriétaire ?
L'entretien courant, comme le retrait des feuilles dans une gouttière accessible sans moyens particuliers, relève de l'occupant. La réparation ou le remplacement de l'ouvrage lui-même relève du propriétaire, au titre des grosses réparations. Dès qu'il faut monter à l'échelle, déposer un profil ou souder, c'est le propriétaire. En cas de doute, le signalement écrit au bailleur protège le locataire de toute mise en cause ultérieure.
Combien coûte le remplacement complet des gouttières d'une maison dans les Bouches-du-Rhône ?
Comptez 60 à 175 €/ml pour du zinc et 35 à 110 €/ml pour de l'aluminium ou du PVC, dépose et évacuation incluses, plus 35 à 110 €/ml pour les descentes. Pour une maison de plain-pied de 30 ml avec deux descentes, le budget se situe le plus souvent entre 2 000 et 5 500 €. Le haut de fourchette correspond aux maisons à étage, au bâti mitoyen qui impose un échafaudage, et aux profils moulurés façonnés sur place.
Quel est le prix d'une génoise au mètre linéaire ?
Une génoise en tuile canal revient à 105 à 450 €/ml, tuiles, mortier de chaux, montage des rangs et évacuation compris. Le nombre de rangs explique l'essentiel de l'écart, chaque rang étant une file complète de tuiles maçonnées, et une restauration se facture 20 à 30 % de plus qu'un ouvrage neuf équivalent. L'échafaudage s'ajoute dès que l'ouvrage n'est pas accessible de plain-pied.
Chéneau qui fuit : vaut-il mieux le remplacer ou le chemiser à la résine ?
Le chemisage par résine armée, appliqué dans le chéneau conservé, se situe à 90 à 190 €/ml : il suppose un support encore sain et une pente correcte. Le remplacement complet en zinc revient à 120 à 290 €/ml, dépose, renfort des supports et évacuation comprises ; un devis réel publié pour 33 ml ressort à 247 €/ml. Quand le fond est perforé ou déformé, la dépose s'impose et le chemisage n'est plus défendable.
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