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NF DTU 40.22 et bandes de solin métalliques de la série 40

Faîtage fissuré, solin descellé : reprendre les points singuliers d'une toiture

Une couverture en partie courante fuit rarement : ce sont ses lignes de rupture qui lâchent. Le faîtage, l'arêtier, la rive, le solin de souche, l'abergement, la noue et la sortie de toit concentrent l'essentiel des infiltrations constatées sur le bâti des Bouches-du-Rhône. La raison est mécanique : partout où deux plans se rencontrent, ou bien où la couverture bute sur une maçonnerie, l'étanchéité repose sur un scellement ou sur une pièce métallique — c'est-à-dire sur un matériau différent des tuiles, avec un autre coefficient de dilatation et une autre durée de vie. Ici s'ajoute un facteur local : un sol argileux qui gonfle et se rétracte fait bouger le bâti, et ce sont les scellements qui cèdent en premier.

Pourquoi les fuites se logent presque toujours aux points singuliers

On appelle point singulier tout endroit où la couverture cesse d'être une surface régulière de tuiles : la ligne de faîtage où deux versants se rejoignent, l'arêtier qui descend en diagonale sur les toitures à quatre pans, la rive latérale, la noue qui reçoit l'eau de deux versants convergents, le raccord contre un mur plus haut, la souche de cheminée, la ventilation en sortie de toiture, le châssis vitré. Sur une maison ordinaire, ces zones représentent une part faible de la surface et une part écrasante des sinistres.

Trois mécanismes l'expliquent. D'abord, le point singulier concentre les débits : une noue draine deux versants, un chéneau encaissé reçoit tout ce qui descend, et pendant un épisode méditerranéen — cent à deux cents millimètres en quelques heures, principalement de septembre à la mi-décembre — ce qui est légèrement sous-dimensionné déborde. Ensuite, il assemble des matériaux différents : terre cuite, mortier, zinc, plomb, maçonnerie. Chacun se dilate à son rythme sous une amplitude thermique qui, sur un toit exposé plein sud, dépasse largement celle de l'air ambiant. Enfin, il subit les efforts de vent maximaux : la dépression créée par le mistral est la plus forte sur les arêtes et les bords.

Un point mérite d'être souligné parce qu'il change le diagnostic : l'eau entre rarement là où elle apparaît. Elle traverse au niveau d'un solin, chemine sur un chevron ou sur la sous-face d'un liteau, parfois sur plusieurs mètres, et goutte à l'endroit où la pente du bois s'inverse. Chercher la cause à la verticale de la tache au plafond est la méthode qui conduit à ouvrir un plafond intact. Un couvreur expérimenté remonte le chemin de l'eau depuis le combles avant de monter sur le toit.

Ce qui distingue une reprise de points singuliers d'un chantier de couverture classique, c'est qu'elle est ponctuelle mais technique : peu de surface, beaucoup de savoir-faire, et un résultat qui se juge sur la durée. Une reprise faite au mastic de ciment sur un solin fissuré tient une saison ; la même reprise faite avec une bande métallique correctement engravée tient des décennies. Le devis doit donc dire ce qui est fait, pas seulement où.

Si l'eau entre pendant que vous lisez ces lignes, la priorité n'est pas le diagnostic mais la mise hors d'eau : voir urgence, fuite et bâchage.

Les sept points singuliers d'une toiture provençale, dans l'ordre où ils lâchent :

  • le faîtage scellé, qui fissure le premier ;
  • le solin de souche de cheminée ;
  • l'arêtier des toitures à quatre pans ;
  • la rive, ouverte au vent ;
  • la noue, qui concentre deux versants ;
  • la sortie de toit et le passage de ventilation ;
  • le châssis de toit, dont le raccord vieillit avec le joint.
Source : https://www.caue13.fr/fiches-conseils-centre-ancien

Le faîtage scellé au mortier : crêtes et embarrures

Le faîtage traditionnel provençal est un faîtage scellé, réalisé selon la technique dite à crêtes et embarrures. L'embarrure est le cordon de mortier épais déposé sur le dernier rang de tuiles courantes, sur lequel vient reposer le bord des tuiles faîtières ; il est ensuite dressé et lissé. La crête est le joint de mortier entre deux faîtières successives, laissé légèrement en saillie et façonné en croissant — d'où le nom. L'ensemble donne cette ligne de faîte pleine, ourlée, qui signe le toit provençal.

Le mortier employé n'est pas indifférent. La règle de l'art veut un mortier souple, à dominante de chaux, parfois bâtard avec une faible part de liant hydraulique, dosé pour accepter les micromouvements de la charpente sans se fendre. Un mortier riche en ciment produit l'effet inverse : il est plus dur que la terre cuite qu'il tient, il ne se déforme pas, et le premier mouvement le fend en emportant un morceau de tuile. Sur les faîtages refaits au ciment gris depuis quelques décennies, c'est la cause de désordre la plus commune.

Le faîtage scellé a deux qualités que rien ne remplace en secteur protégé : il donne l'aspect attendu par les services du patrimoine, et il solidarise la ligne de faîte, ce qui est précieux face au vent. Il a deux défauts symétriques. Il ne ventile pas la sous-toiture, alors que la ventilation haute est ce qui évacue la vapeur d'eau montant des combles. Et il fissure, parce qu'il est rigide et qu'il subit ici deux sollicitations cumulées : une amplitude thermique forte et un bâti qui bouge avec la saison sèche.

Reconnaître un faîtage en fin de vie ne demande pas de monter : depuis le sol, on voit les crêtes qui s'effritent, les morceaux de mortier tombés dans la gouttière ou au pied du mur, une faîtière descellée qui a pivoté, parfois une ligne noire d'humidité qui suit le faîte en sous-face à l'intérieur. Le désordre est progressif et longtemps sans conséquence visible — puis un vent de pluie soutenu fait entrer l'eau sur toute la longueur.

La reprise consiste à déposer les faîtières, purger le mortier ancien jusqu'au support sain, refaire l'embarrure et rejointoyer les crêtes. Elle se chiffre au mètre linéaire et non à la surface : c'est une distinction à exiger dans le devis. Reprendre trois faîtières descellées au milieu d'un faîtage globalement fissuré n'a pas de sens ; à l'inverse, refaire tout le linéaire quand seule l'extrémité a souffert est un excès.

Mode opératoire d'un faîtage scellé à crêtes et embarrures : l'embarrure désigne le cordon de mortier posé sur le dernier rang de tuiles, sur lequel repose le bord des faîtières ; les crêtes sont les joints de mortier entre faîtières, façonnés en saillie. Le mortier retenu est un mortier souple à forte dominante de chaux, afin d'absorber les mouvements de la charpente sans fissurer.

Source : https://www.maisons-paysannes-loiret.org/images/Fichiers-articles/Realisation%20dun%20faitage%20scelle%20a%20cretes%20et%20embarrures.pdf

Le faîtage à sec sur closoir ventilé : ce que le changement apporte

L'alternative contemporaine est le faîtage à sec : les faîtières sont fixées mécaniquement sur une lisse de faîtage, et l'étanchéité de la ligne est assurée par un closoir ventilé, une bande souple qui épouse le galbe des tuiles, ferme le passage à la pluie battante et laisse circuler l'air. Le NF DTU 40.21, qui traite les tuiles à emboîtement, chiffre cette mise en œuvre : le recouvrement du closoir sur les tuiles, dans le sens du rampant, doit être au moins égal au recouvrement de la tuile et, dans tous les cas, atteindre huit centimètres pour les pentes supérieures à 45 % et dix centimètres en dessous. Sur les tuiles canal et romanes, le NF DTU 40.22 ne comporte pas de prescription chiffrée équivalente : le closoir relève alors de l'Avis Technique du produit retenu, et c'est cette référence qu'il faut voir écrite au devis à côté du DTU.

Le bénéfice principal n'est pas l'étanchéité — un faîtage scellé neuf est étanche — mais la désolidarisation. Faîtières et versants ne sont plus liés par une masse de mortier rigide : quand la charpente travaille, rien ne fissure. Sur un secteur où le sol argileux impose au bâti des mouvements saisonniers, c'est un argument technique sérieux, et c'est la raison pour laquelle les fabricants de tuiles recommandent aujourd'hui cette solution par défaut.

Le second bénéfice est la ventilation de la sous-toiture. Le closoir crée une entrée d'air permanente en partie haute ; combinée aux entrées basses — tuiles chatières, jeu à l'égout — elle établit un tirage naturel qui balaie le dessous de la couverture et évacue la vapeur montant du logement. Sur une toiture isolée par l'intérieur, c'est ce qui empêche la condensation de s'installer dans l'isolant et dans les bois. Ce point rejoint directement les questions traitées sur l'isolation de toiture et des combles.

Le faîtage à sec a une limite, et elle est locale : son aspect. La ligne de faîte est plus sèche, plus fine, sans le bourrelet de mortier ni les crêtes. Dans un centre ancien, aux abords d'un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable — Aix-en-Provence, Arles, de nombreux villages du département —, le service instructeur peut exiger le maintien du faîtage scellé à la chaux au titre de l'aspect extérieur. Il faut donc trancher ce point avant le chantier, et non le découvrir après.

Dans les faits, une solution mixte est fréquente sur le bâti provençal : closoir ventilé posé sous des faîtières rejointoyées à la chaux en surface, qui donne l'aspect traditionnel tout en désolidarisant l'ouvrage et en préservant la ventilation. Elle demande un couvreur qui accepte de la mettre en œuvre proprement, et elle s'écrit noir sur blanc dans le devis, faute de quoi c'est un scellement plein qui sera réalisé.

Le NF DTU 40.21 admet la pose des tuiles faîtières à sec sur closoir ventilé et demande un recouvrement du closoir sur les tuiles au moins égal à celui de la tuile, et dans tous les cas d'au moins huit centimètres pour les pentes supérieures à 45 % et de dix centimètres en dessous. Pour les tuiles canal et romanes, le NF DTU 40.22 ne chiffre pas ce point : le closoir se pose alors selon l'Avis Technique de son fabricant, référence à demander au même titre que le DTU. Le closoir crée une entrée d'air permanente en tête de rampant, qui participe au balayage de la sous-toiture.

Source : https://www.batiadvisor.fr/dtu-40-22-travaux-de-couverture-en-tuiles-canal-de-terre-cuite/

Arêtiers, rives et noues : les lignes qui prennent le vent et l'eau

L'arêtier est la ligne saillante qui descend en diagonale à la rencontre de deux versants, sur les toitures à quatre pans fréquentes sur les bastides et les pavillons du département. Il se traite comme un faîtage — arêtières scellées à la chaux ou posées à sec sur closoir — mais il souffre davantage : il est incliné, donc le mortier y travaille en glissement autant qu'en flexion, et il se situe précisément sur une arête où le vent décolle. Un arêtier descellé se repère aux joints ouverts et aux arêtières qui ont pivoté ; laissé en l'état, il laisse entrer l'eau sur toute sa longueur, et il finit par libérer des éléments de terre cuite au premier coup de vent sérieux.

La rive est le bord latéral du versant. Sur le bâti traditionnel, elle est fermée par un scellement ou par une tuile de rive ; sur beaucoup de constructions plus récentes, elle est laissée ouverte. C'est un point critique dans les Bouches-du-Rhône : tant que le vent peut s'engouffrer par la rive, il met la sous-toiture en pression et soulève les tuiles par le dessous, y compris loin du bord. Fermer une rive est une opération courte dont l'effet sur la tenue au vent dépasse largement celui de fixations ponctuelles ajoutées au centre du versant. Le sujet est développé sur le remaniement après coup de mistral.

La noue est l'inverse de l'arêtier : la ligne rentrante où deux versants convergent, et où toute l'eau se rassemble. C'est le point singulier le plus sollicité d'une toiture. Elle est réalisée soit en noue métallique — zinc, plomb ou acier — soit en tuiles de noue sur le bâti traditionnel. Ses modes de défaillance sont connus : perforation par corrosion au point bas, relevés latéraux trop courts qui laissent l'eau déborder sous les tuiles lors d'un épisode intense, accumulation de feuilles et d'aiguilles de pin qui forme un barrage, dilatation du métal qui fatigue les fixations. Sur une maison sous les pins, la noue demande un contrôle avant chaque automne.

Ces trois lignes ont un point commun : elles se reprennent au mètre linéaire, et leur reprise est presque toujours plus rentable qu'une intervention en partie courante. Une noue refaite proprement supprime une fuite chronique que dix interventions sur des tuiles n'auraient jamais réglée. Un arêtier repris empêche la perte de terre cuite au premier mistral d'hiver. C'est le sens même d'une intervention sur points singuliers : traiter peu de mètres, mais les bons.

Avant l'automne, sur les lignes rentrantes et saillantes :

  • noue dégagée de tout dépôt végétal, point bas visible ;
  • relevés latéraux de noue non déformés, fixations en place ;
  • arêtières solidaires, joints fermés, aucune pièce ayant pivoté ;
  • rives fermées sur les deux bords de chaque versant exposé ;
  • aucun morceau de mortier au pied du mur ou dans la gouttière.
Source : https://www.caue13.fr/sites/default/files/2020-04/14_modifications_toiture_A4.pdf

Solins de cheminée, abergements, sorties de toit et châssis

Le solin assure le raccord entre la couverture et un ouvrage vertical maçonné : souche de cheminée, mur pignon plus haut que le toit, jouée de lucarne. Le abergement désigne l'ensemble du traitement d'une pénétration, continue s'il s'agit d'un mur, discontinue s'il s'agit d'une souche. La mise en œuvre relève des documents techniques de la série 40 : les bandes de solin sont en zinc, en plomb, en cuivre ou en acier inoxydable, et leur mode de raccordement dépend de la nature du mur. Elles peuvent être maintenues par un porte-solin, profil métallique rainuré dans lequel vient s'insérer la bande, ce qui évite de compter uniquement sur un scellement au mortier pour tenir l'étanchéité.

Le solin fuit pour des raisons prévisibles. Le mortier qui le referme en tête se fissure sous l'effet des mouvements de la souche, laquelle est un ouvrage isolé, élancé, très exposé au vent et au soleil. Le métal se fatigue à force de dilatations, surtout sur les longueurs importantes non fractionnées. Et la mauvaise réparation est presque toujours la même : une couche de mastic ou de mortier de ciment passée par-dessus l'ancienne, qui masque le désordre une saison puis retient l'eau derrière elle. La reprise correcte suppose de déposer, purger l'engravure, reposer une bande neuve et refermer.

Les sorties de toit — ventilation primaire de plomberie, extraction de hotte, conduit de poêle — se traitent avec des pièces adaptées et non par un simple cordon d'étanchéité autour du tuyau. Le passage doit être ventilé et libre de se dilater. Sur une couverture ancienne, ces percements ont souvent été ajoutés après coup, à la va-vite : ils comptent parmi les entrées d'eau les plus fréquentes et les plus faciles à corriger.

Le châssis de toit mérite un mot, parce qu'il génère une plainte très caractéristique : il ne fuit que par forte pluie accompagnée de vent. Trois causes se partagent l'essentiel des cas. Le raccord périphérique en tôle est mal recouvert par les tuiles amont, ou déformé. Le joint de l'ouvrant a durci et ne comprime plus, ce qui laisse passer l'eau poussée à l'horizontale. Ou bien la condensation, prise à tort pour une fuite, se forme sur le vitrage et le dormant d'une pièce mal ventilée : elle apparaît par temps froid et humide, pas nécessairement pendant la pluie. Distinguer ces trois cas évite de déposer un châssis en bon état.

Toutes ces reprises supposent une intervention sur la couverture autour du point traité, donc la dépose et la repose de quelques rangs de tuiles. C'est la raison pour laquelle elles se combinent souvent avec une reprise de zinguerie : voir zinguerie, gouttière et génoise.

Les bandes de solin métalliques relèvent des dispositions des documents techniques unifiés de couverture de la série 40. Elles peuvent être en zinc, en cuivre, en acier inoxydable ou en plomb, et leur mode de raccordement dépend de la nature du support vertical : maçonnerie brute, revêtement rapporté ou bois. Un porte-solin rainuré peut assurer leur maintien.

Source : https://www.ffbatiment.fr/techniques-batiment/enveloppe-du-batiment/couverture/dossier/mise-en-%C5%93uvre-bandes-solin-metalliques

Quand le sol travaille, les scellements cèdent en premier

Les Bouches-du-Rhône sont le département de Provence-Alpes-Côte d'Azur le plus touché par le retrait-gonflement des sols argileux : deux cent vingt-six arrêtés interministériels de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle y ont été pris entre 1989 et 2014 au titre de la sécheresse. Le mécanisme est simple à décrire. L'argile perd du volume quand elle se dessèche et le regagne quand elle se réhydrate ; le mouvement est saisonnier, différentiel — plus marqué du côté ensoleillé ou près d'un arbre — et il se transmet aux fondations, donc au bâti tout entier.

Ce que la plupart des propriétaires ignorent, c'est que la toiture est souvent le premier endroit où ce mouvement devient visible. Une maison qui se déforme de quelques millimètres ne fissure pas nécessairement ses murs de façon spectaculaire ; en revanche, les ouvrages rigides et minces de la couverture n'ont aucune réserve de déformation. Le mortier d'un faîtage, celui d'un arêtier, le scellement d'un solin contre une souche de cheminée : ce sont des cordons de quelques centimètres qui lient des éléments dont l'écartement change. Ils fendent.

La conséquence pratique est double. D'une part, sur une commune concernée par des arrêtés sécheresse répétés, il faut se méfier d'un faîtage refait au mortier rigide : il refissurera. La solution durable passe par une désolidarisation — closoir ventilé, fixation mécanique, mortier souple — plutôt que par une reprise à l'identique. D'autre part, un désordre de couverture qui revient toujours au même endroit après plusieurs reprises n'est pas forcément un problème de couvreur : il peut signaler un mouvement de structure qu'il faut faire regarder pour lui-même.

La carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles est publique et consultable commune par commune sur le portail Géorisques. Sa mise à jour, arrêtée le 9 janvier 2026, intègre les effets du changement climatique et la sinistralité observée sur les années récentes ; le nouveau zonage s'applique aux ventes de terrains constructibles non bâtis et aux contrats de construction de maison individuelle conclus à compter du 1er juillet 2026. Consulter l'exposition de sa commune avant de décider comment reprendre un faîtage relève du bon sens.

Dernier point, souvent décisif dans les échanges avec un assureur : un scellement fissuré par le mouvement du sol relève d'une usure lente et non d'un événement soudain. Ce n'est donc pas la garantie tempête qui joue, et l'entretien courant reste à la charge du propriétaire. La distinction entre désordre progressif et sinistre est développée sur fuite de toiture et assurance.

Portail Géorisques : la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles distingue quatre niveaux — fort, moyen, faible, non exposé. Sa version mise à jour par l'arrêté du 9 janvier 2026 intègre les effets du changement climatique ; le nouveau zonage s'applique aux promesses de vente et actes de vente de terrains constructibles non bâtis et aux contrats de construction de maison individuelle conclus à compter du 1er juillet 2026.

Source : https://www.georisques.gouv.fr/donnees/bases-de-donnees/retrait-gonflement-des-argiles-version-2026

Ce que le devis doit distinguer : reprise ponctuelle ou reprise de linéaire

Sur les points singuliers, la formulation du devis compte plus qu'ailleurs, parce que deux interventions portant le même nom peuvent être radicalement différentes. Une reprise ponctuelle traite un désordre localisé : trois faîtières descellées, un solin sur une seule face de souche, un relevé de noue déformé sur un mètre. Une reprise de linéaire traite l'ouvrage entier : tout le faîtage d'un versant, la totalité d'un arêtier, la noue de bout en bout. La première est un dépannage assumé, la seconde est un ouvrage neuf. Un devis qui écrit « reprise du faîtage » sans préciser laquelle des deux ne dit rien.

Les mentions à exiger sont peu nombreuses :

  • le métré en mètres linéaires pour chaque ligne traitée, faîtage, arêtier, noue, solin ;
  • la technique retenue : scellement à la chaux, closoir ventilé, solution mixte, bande métallique avec ou sans porte-solin ;
  • la nature du mortier quand il y a scellement, la souplesse du liant étant ce qui conditionne la tenue dans le temps ;
  • la purge de l'existant : dépose du mortier ancien jusqu'au support sain, ou simple rejointoiement en surface — ce n'est pas le même travail ;
  • le nombre de rangs de tuiles déposés et reposés autour du point traité ;
  • les moyens d'accès et le traitement des gravats ;
  • l'attestation de responsabilité décennale en cours de validité mentionnant l'activité couverture, et la qualification Qualibat le cas échéant.

Ce qui fait varier le devis se dit sans avancer de chiffre : la longueur totale de linéaire concerné, la hauteur et l'accessibilité — une souche de cheminée en pignon d'un bâtiment de ville n'est pas une souche de plain-pied —, la nécessité d'un échafaudage, la nature du support à purger, la prescription patrimoniale quand la commune impose la chaux et le maintien de l'aspect scellé, et le nombre de points singuliers regroupés dans la même intervention. Ce dernier facteur joue beaucoup : traiter un faîtage, deux solins et une noue dans le même déplacement n'a rien à voir avec trois interventions séparées.

Enfin, une reprise de points singuliers concourt à l'étanchéité de l'ouvrage : elle engage la responsabilité décennale de l'entreprise dans les conditions de l'article 1792 du code civil. C'est ce qui justifie de demander l'attestation avant signature, y compris pour un chantier de faible ampleur — la taille du devis ne dit rien de la gravité d'une infiltration qui reprendrait deux ans plus tard.

Article 1792 du code civil : le constructeur est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou d'équipement, le rendent impropre à sa destination. Version en vigueur depuis le 1er janvier 1979. Le délai court sur dix années à compter de la réception des travaux.

Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006443502

Prix des points singuliers de toiture : faîtage, arêtier, solin, noue

PrestationEstimationCe que cela comprend
Faîtage scellé au mortier de chaux, dépose de l'ancien scellement comprise70 à 150 €/mlInclus : dépose du faîtage existant et du mortier, descente et évacuation des gravats, mortier de chaux, tuiles faîtières neuves ou de récupération remises en œuvre, fixation. Fait varier : le scellement à la chaux imposé en secteur protégé exclut le mortier de ciment et se travaille plus lentement ; le mistral impose souvent une reprise complète de la fixation des faîtières. Hors échafaudage, hors reprise de la panne faîtière et hors réfection des versants adjacents.
Faîtage à sec sur closoir ventilé, en remplacement d'un faîtage scellé75 à 200 €/mlInclus : dépose du faîtage maçonné existant, évacuation, closoir ventilé, chevrons de faîtage et pattes de fixation, tuiles faîtières, réglage de la ventilation en partie haute. Fait varier : sur tuile canal, le closoir doit épouser une ondulation forte, les accessoires sont plus coûteux et moins standardisés ; la fixation mécanique de chaque faîtière est systématique dans le département. Hors échafaudage, hors remplacement des liteaux et hors reprise de l'écran de sous-toiture.
Réfection d'arêtier (tuile canal ou tuile romane)70 à 160 €/mlInclus : dépose de l'arêtier existant, coupes biaises des tuiles de part et d'autre de l'arête, scellement ou pose à sec, tuiles d'arêtier, fixation, évacuation des gravats. Fait varier : l'arêtier se paie plus cher que le faîtage à ouvrage égal, il faut tailler les tuiles en biais sur les deux versants avec une part de casse ; sur une couverture posée sur deux couches, le nombre de tuiles à recouper est environ double. Hors échafaudage, about d'arêtier en pied et charpente de croupe.
Solin de cheminée neuf en zinc ou en plomb, au mètre de pourtour90 à 220 €/mlInclus : dépose du solin ou du scellement existant, façonnage sur mesure du zinc ou du plomb, bavette, engravure ou bande porte-solin, mise en œuvre, reprise des tuiles au droit du raccord, évacuation. Fait varier : le plomb façonné à la main, régulièrement prescrit en secteur protégé là où le zinc n'est pas accepté, et les souches en pierre de centre ancien dont les faces ne sont pas d'équerre, chaque pièce étant tracée sur place. Hors échafaudage, réfection de la maçonnerie de la souche et tubage.
Abergement complet d'une souche de cheminée, quatre faces550 à 1 500 €Inclus : dépose de l'ancien abergement, façonnage et pose des quatre pièces (bavette basse, rives latérales, besace haute), engravures, reprise des tuiles autour de la souche, essai d'étanchéité, évacuation. Fait varier : les souches larges de bâti ancien mitoyen, où la mise en œuvre se fait depuis un échafaudage monté depuis la rue faute de pouvoir approcher un engin, et le plomb prescrit en secteur protégé. Hors échafaudage ou nacelle, reconstruction de la souche et réfection du couronnement.
Réfection de noue en zinc façonné sur mesure80 à 220 €/mlInclus : dépose des tuiles de rive de noue et de l'ancienne noue, façonnage du zinc sur mesure, pose sur support, recoupe et remise en œuvre des tuiles des deux versants, évacuation. Fait varier : c'est le poste le plus technique de la zinguerie de couverture, la noue recevant l'eau de deux versants ; en tuile canal les tuiles se taillent une à une des deux côtés, et les noues encaissées de bâti ancien ne sont accessibles que par échafaudage. Hors remplacement du support bois, charpente, gouttières et descentes.
Reprise du raccord d'étanchéité autour d'une fenêtre de toit, châssis conservé300 à 750 €Inclus : dépose de l'ancien raccord, fourniture d'un kit adapté au profil de la couverture, pose, reprise des tuiles sur le pourtour, remise en place des habillages extérieurs, évacuation. Fait varier : sur tuile canal, le raccord doit être du type grande ondulation, plus cher et parfois à commander, et les tuiles du pourtour se recoupent une à une sur les deux couches ; les faibles pentes et les combles de centre ancien imposent l'accès par l'extérieur. Hors remplacement du châssis (400 à 1 000 €) et hors finitions intérieures.

Ces ouvrages se chiffrent au mètre linéaire ou à l'unité, mais le moyen d'accès pèse souvent plus lourd que l'ouvrage lui-même : sur quelques mètres de faîtage ou un solin de souche, l'échafaudage ou la nacelle peuvent représenter la moitié du devis. En dessous d'environ trois mètres linéaires d'ouvrage, ou d'une demi-journée sur place, le prix au mètre ne couvre plus le déplacement, la sécurisation et le montage des accès : l'entreprise applique alors un forfait d'intervention de 170 à 350 €, généralement déduit du devis si des travaux plus larges sont engagés ensuite. L'état du support découvert à la dépose, panne faîtière, chevrons de croupe, volige sous la noue ou maçonnerie de souche, n'est jamais compris dans ces fourchettes et se chiffre sur constat.

Ces fourchettes sont des estimations indicatives, pas une offre de prix. Elles s'entendent TTC, pose comprise : dépose de l'existant, évacuation en filière agréée, fournitures et main-d'œuvre, au taux de TVA applicable à un logement achevé depuis plus de deux ans. Le prix réel dépend de l'état du support découvert à la dépose, de l'accès au chantier, de la surface traitée et des prescriptions d'urbanisme applicables au secteur. Seul le devis écrit de l'entreprise, établi après visite sur place, engage un prix.

Questions fréquentes

Mon faîtage est fissuré, faut-il tout refaire ?

Pas nécessairement. Si les fissures sont localisées sur quelques mètres et que le reste du linéaire est sain, une reprise ponctuelle suffit. Si le mortier s'effrite sur toute la longueur, que des morceaux tombent et que plusieurs faîtières ont pivoté, la reprise du linéaire complet est la seule solution durable : rejointoyer par-dessus un mortier mort ne tient pas.

Le mortier de mon faîtage s'effrite, d'où cela vient-il ?

De trois causes cumulées ici. Un mortier trop riche en ciment, plus dur que la terre cuite, qui ne supporte aucun mouvement. Une forte amplitude thermique sur un toit exposé. Et un sol argileux qui fait travailler le bâti au fil des saisons. Le scellement, rigide et mince, est le premier ouvrage à céder.

Faîtage scellé ou closoir à sec : que choisir ?

Le closoir ventilé désolidarise l'ouvrage, ne fissure pas et ventile la sous-toiture ; c'est la solution technique la plus durable. Le faîtage scellé donne l'aspect traditionnel attendu dans les centres anciens et en périmètre patrimonial. Une solution mixte, closoir posé sous des faîtières rejointoyées à la chaux, concilie les deux, à condition de l'écrire au devis.

Qu'est-ce qu'un faîtage à crêtes et embarrures ?

C'est le faîtage scellé traditionnel. L'embarrure est le cordon de mortier posé sur le dernier rang de tuiles, sur lequel repose le bord des faîtières. Les crêtes sont les joints entre faîtières, laissés en léger relief et façonnés en croissant. C'est cette mise en œuvre qui donne la ligne de faîte pleine caractéristique des toitures provençales.

Le solin de ma cheminée fuit, pourquoi les réparations ne tiennent pas ?

Parce que la reprise habituelle consiste à passer un mastic ou un mortier par-dessus l'ancien. La souche bouge, le nouveau cordon fend au même endroit, et l'eau reste piégée derrière. La reprise durable suppose de déposer la bande, purger l'engravure jusqu'au support sain, poser une bande métallique neuve, éventuellement sur porte-solin, puis refermer.

Un abergement de cheminée, à quoi cela sert-il ?

C'est l'ensemble des pièces qui rendent étanche la traversée de la couverture par un ouvrage vertical. Sur une souche, il comprend la bavette aval, les bandes latérales et le raccord amont qui renvoie l'eau de part et d'autre. Un abergement complet vaut mieux qu'un solin unique posé sur la seule face visible depuis la rue.

Ma fenêtre de toit fuit seulement par forte pluie, que faire ?

Trois causes possibles. Le raccord périphérique en tôle est déformé ou insuffisamment recouvert par les tuiles amont. Le joint de l'ouvrant a durci et ne comprime plus quand la pluie est poussée à l'horizontale. Ou bien il s'agit de condensation dans une pièce mal ventilée, ce qui n'est pas une fuite. Le diagnostic évite une dépose inutile.

Un arêtier descellé est-il urgent à reprendre ?

Oui, davantage qu'un faîtage. L'arêtier est incliné, son mortier travaille en glissement, et il se situe sur une arête où le vent décolle le plus fort. Une fois les joints ouverts, il laisse entrer l'eau sur toute sa longueur et peut libérer des éléments de terre cuite lors d'un coup de vent, avec un risque de chute au sol.

Combien coûte la réfection d'un faîtage de toiture dans les Bouches-du-Rhône ?

Comptez 70 à 150 € le mètre linéaire pour un faîtage scellé au mortier de chaux, dépose de l'ancien scellement, évacuation, fournitures et pose comprises. La version à sec sur closoir ventilé se situe entre 75 et 200 € le mètre linéaire : les accessoires reviennent plus cher, mais la fixation mécanique résiste mieux au mistral. Sur une maison courante de dix mètres de faîtage, l'ordre de grandeur va donc de 700 à 2 000 €, hors échafaudage.

Quel est le prix pour refaire le solin et l'abergement d'une cheminée ?

Au mètre de pourtour, un solin neuf en zinc ou en plomb revient à 90 à 220 € posé. Une souche dépasse rarement trois à quatre mètres de pourtour : le chantier se traite alors au forfait, de l'ordre de 350 à 800 € pour un solin seul et de 550 à 1 500 € pour l'abergement complet des quatre faces. Le plomb façonné, souvent prescrit en secteur protégé à Aix ou à Arles, tire le prix vers le haut de la fourchette.

Y a-t-il un montant minimum pour faire intervenir un couvreur sur un petit ouvrage ?

Oui. En dessous d'environ trois mètres linéaires d'ouvrage, ou d'une demi-journée sur place, le prix au mètre ne couvre plus le déplacement, la sécurisation et le montage des moyens d'accès. Les entreprises appliquent alors un forfait d'intervention de 170 à 350 €, généralement déduit du devis si des travaux plus larges sont engagés ensuite. Au-delà, la main-d'œuvre se facture 44 à 77 € l'heure TTC.

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