Articles R. 421-13, R. 421-14 et R. 421-17 du code de l'urbanisme
Quelle autorisation d'urbanisme pour refaire sa toiture dans les Bouches-du-Rhône
Le code de l'urbanisme ne raisonne pas en gros ou petits travaux, il raisonne en aspect extérieur, en volume et en surface. Une réfection à l'identique de couverture est un entretien : elle ne se déclare pas. Dès que la matière, la teinte, la pente ou le volume change, la déclaration préalable devient obligatoire, et le permis de construire prend le relais quand le chantier crée de la surface ou modifie les structures porteuses avec changement de destination. Cette page décrit le mécanisme article par article, le formulaire réellement en vigueur, le calendrier d'instruction et ce que les plans locaux d'urbanisme intercommunaux en vigueur dans le département imposent à une couverture provençale.
Le principe : la réfection à l'identique reste dispensée de formalité
Le code de l'urbanisme raisonne par exception. L'article R. 421-13 pose que les travaux exécutés sur des constructions existantes sont dispensés de toute formalité au titre de ce code, à l'exception de ceux que les articles R. 421-14 à R. 421-16 soumettent au permis de construire et de ceux que l'article R. 421-17 soumet à déclaration préalable. La bonne question n'est donc jamais ai-je le droit d'intervenir sur ma couverture, mais mon chantier entre-t-il dans l'une des cases qui font sortir de la dispense.
Pour un couvreur, cette architecture change tout. Une dépose totale suivie de la repose des mêmes tuiles canal, le remplacement d'un liteaunage vermoulu, la pose d'un écran de sous-toiture invisible une fois la couverture reposée, la reprise d'un solin de souche, le rescellement d'une embarrure de faîtage, le remplacement d'une descente d'eau pluviale par un modèle identique : rien de tout cela ne se dépose en mairie, parce que le bâtiment offre le même visage une fois l'échafaudage démonté. Le chantier est juridiquement un entretien, même s'il mobilise une équipe plusieurs semaines et même s'il représente un budget lourd.
La notion d'identique se lit strictement. Les services instructeurs regardent quatre paramètres : la matière, la teinte, la pente et le volume. Passer de la tuile canal à la tuile marseillaise sur une bastide, remplacer une terre cuite patinée par une tuile sortie d'usine au rouge uniforme, troquer une génoise contre une planche de rive habillée de zinc, supprimer un chéneau encastré au profit d'une gouttière pendante : ce sont des modifications d'aspect, pas des réparations. La dispense tombe, et le dossier doit être déposé avant l'ouverture du chantier.
Deux nuances comptent dans les Bouches-du-Rhône. D'abord, la tuile canal ancienne de récupération n'est pas toujours disponible en quantité suffisante : compléter un rampant avec des tuiles neuves modifie la teinte d'ensemble, et l'instructeur peut légitimement considérer que l'aspect change. Ensuite, la dispense au titre de l'urbanisme ne vaut jamais dispense au titre du patrimoine : aux abords d'un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable, le code du patrimoine reprend la main et impose une autorisation même pour un chantier strictement identique, ce que détaille notre page toiture en secteur ABF.
Article R*421-13 du code de l'urbanisme : « Les travaux exécutés sur des constructions existantes sont dispensés de toute formalité au titre du code de l'urbanisme à l'exception : a) Des travaux mentionnés aux articles R. 421-14 à R. 421-16, qui sont soumis à permis de construire ; b) Des travaux mentionnés à l'article R. 421-17, qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. »
Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045938774Ce qui déclenche la déclaration préalable : la modification de l'aspect extérieur
L'article R. 421-17 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur depuis le 22 février 2026, soumet à déclaration préalable les travaux exécutés sur une construction existante qui ont pour effet de modifier l'aspect extérieur du bâtiment. La formule est volontairement large : elle ne parle ni de surface, ni de structure, ni de budget, mais de ce qu'un tiers perçoit depuis l'extérieur. Une toiture étant, avec les murs, ce qui compose la silhouette d'une maison, elle est régulièrement concernée.
Les cas les plus fréquents sur un chantier de couverture dans le département :
- le changement de matériau : tuile canal remplacée par de la tuile romane, terre cuite remplacée par un modèle en béton, plaques posées à la place d'une couverture en tuiles ;
- le changement de teinte : passage d'un ton mêlé vieilli à un rouge homogène, ou l'inverse lors d'un retour à un aspect traditionnel ;
- la création d'un châssis de toit, y compris encastré à fleur de couverture, parce qu'il perce le rampant ;
- la modification du débord de toit : suppression d'une génoise, habillage d'une planche de rive, pose d'un cache-moineaux ;
- le remplacement d'une zinguerie apparente par un profil, une section ou une teinte différents ;
- la suppression, l'ajout ou le rehaussement d'une souche de cheminée.
Deux autres branches de l'article R. 421-17 se rencontrent souvent lorsqu'on touche à un comble. Le changement de destination entre les destinations définies à l'article R. 151-27 relève de la déclaration préalable : transformer des combles en pièce habitable sans toucher aux murs porteurs entre dans ce cadre. La création d'emprise au sol ou de surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et inférieure ou égale à vingt mètres carrés relève également de la déclaration, ce seuil étant porté à quarante mètres carrés dans les zones urbaines couvertes par un plan local d'urbanisme : une lucarne qui dégage de la hauteur sous rampant peut y tomber.
Un dernier article mérite d'être connu, même s'il ne vise pas directement la couverture. L'article R. 421-17-1 ramène dans le champ de la déclaration préalable des travaux d'entretien des murs extérieurs qui en sont dispensés partout ailleurs, dès lors que l'immeuble se situe dans un site patrimonial remarquable, aux abords d'un monument historique, dans un site inscrit ou classé, sur un immeuble protégé au titre des articles L. 151-19 ou L. 151-23 du code de l'urbanisme, ou dans une commune dont le conseil municipal a délibéré en ce sens. Ces cinq situations sont exactement celles qui, pour une toiture, appellent l'intervention de l'architecte des Bâtiments de France.
L'article R*421-17 du code de l'urbanisme, version en vigueur depuis le 22 février 2026, soumet à déclaration préalable les travaux modifiant l'aspect extérieur d'un bâtiment existant, le changement de destination, et la création de surface comprise entre cinq et vingt mètres carrés (quarante mètres carrés en zone urbaine dotée d'un plan local d'urbanisme).
Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034355355Pente, volume, surface : le seuil qui fait basculer au permis de construire
Le permis de construire n'est pas la sanction d'un chantier lourd, c'est la conséquence d'un fait juridique précis. L'article R. 421-14 soumet à permis les travaux réalisés sur une construction existante qui créent une surface de plancher ou une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés, ainsi que ceux qui ont pour effet de modifier les structures porteuses ou la façade du bâtiment lorsqu'ils s'accompagnent d'un changement de destination entre les destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28.
Cette rédaction produit un résultat que beaucoup de propriétaires ignorent. Reprendre entièrement une charpente ne bascule pas automatiquement au permis. Remplacer une panne fissurée, doubler un arbalétrier attaqué par les capricornes, reprendre un moisage, changer des chevrons : ce sont des interventions sur la structure porteuse, mais tant qu'elles ne s'accompagnent pas d'un changement de destination, elles restent dans le champ de la déclaration préalable si l'aspect extérieur change, et dans la dispense s'il ne change pas. C'est la logique qui gouverne aussi les chantiers décrits sur notre page traitement de charpente.
En revanche, trois opérations font presque toujours basculer au permis dans le département :
- la surélévation : rehausser les murs pour dégager de la hauteur sous panne faîtière crée du volume et, le plus souvent, de la surface de plancher au-delà du seuil ;
- la transformation d'un rampant en toit-terrasse : la charpente disparaît, la structure porteuse est reprise et une surface accessible est créée ;
- l'aménagement de combles qui dégage plus de vingt mètres carrés de surface de plancher, quarante dans les zones urbaines couvertes par un plan local d'urbanisme.
La modification de pente occupe une position intermédiaire qu'il faut expliquer honnêtement. Prise isolément, une pente modifiée qui ne crée ni surface ni volume relève de la déclaration préalable, puisqu'elle modifie l'aspect extérieur sans franchir aucun seuil. Mais une pente ne se modifie presque jamais seule : on la modifie parce qu'on surélève, parce qu'on transforme un appentis, ou parce qu'on veut rattraper une ligne de faîtage. Dès qu'un de ces motifs apparaît, le dossier redevient un permis. Et sur le fond, le règlement local encadre souvent la pente admissible, si bien qu'une pente nouvelle peut être autorisée dans son principe et refusée dans sa valeur.
Dernier réflexe utile : lorsque le projet porte la surface de plancher totale au-delà de cent cinquante mètres carrés, le recours à un architecte devient obligatoire pour déposer le permis. C'est rare sur une simple réfection, courant dès qu'on surélève une bastide ou qu'on aménage un grand comble.
- Même matière, même teinte, même pente, même volume : dispense de formalité.
- Aspect extérieur modifié, châssis de toit, changement de tuile ou de teinte : déclaration préalable.
- Plus de vingt mètres carrés créés, surélévation, toit-terrasse : permis de construire.
- Immeuble protégé ou situé aux abords d'un monument historique : autorisation dans tous les cas.
Le dossier : un formulaire unique et des pièces qui décrivent la couverture
Le point le plus souvent faux dans les articles trouvés sur le web concerne le formulaire. Les imprimés historiques — celui réservé à la maison individuelle et celui des autres constructions — ne sont plus en service, et un dossier déposé sur un formulaire abrogé est renvoyé au déclarant. Le service public renvoie aujourd'hui vers un formulaire unique de déclaration préalable pour les constructions et travaux non soumis à permis de construire, le Cerfa 16702, dans sa version 16702*03. Un second imprimé existe pour les installations et aménagements non soumis à permis d'aménager, sans objet pour une toiture.
Les pièces jointes sont normalisées et portent une référence commençant par DP. Sur un chantier de couverture, le service instructeur attend au minimum un plan de situation qui localise le terrain dans la commune, un plan de masse lorsque le volume bâti évolue, un plan en coupe si la pente ou la hauteur change, un plan des toitures et des élévations dans l'état actuel puis dans l'état projeté, une représentation de l'aspect extérieur après travaux, et deux photographies : l'une prise de près, l'autre montrant l'insertion dans la rue ou dans le paysage.
La pièce qui fait la différence, et que les dossiers bâclés oublient, c'est la description précise de la couverture projetée. Un instructeur ne peut pas se prononcer sur des tuiles rouges. Il attend le type — tuile canal courant et couvert, tuile marseillaise à emboîtement, tuile romane —, la référence commerciale, la teinte exacte annoncée par le fabricant, la nature du faîtage, scellé au mortier ou monté à sec sur closoir, et le traitement des rives et du débord. Joindre la fiche produit du fabricant et une photographie d'une réalisation comparable règle la question et évite une demande de pièces complémentaires qui décale tout le chantier.
Sur le dépôt, l'article L. 423-3 du code de l'urbanisme organise la téléprocédure : les communes de plus de trois mille cinq cents habitants disposent d'une téléprocédure permettant de recevoir et d'instruire les demandes d'autorisation d'urbanisme sous forme dématérialisée. Concrètement, la plupart des communes des Bouches-du-Rhône ont ouvert un guichet numérique. Service-public.gouv.fr rappelle toutefois qu'un particulier peut encore déposer son dossier au guichet de la mairie ou l'adresser par lettre recommandée avec avis de réception, la voie électronique étant imposée aux personnes morales dans les communes dépassant ce seuil de population.
Le formulaire de déclaration préalable pour les constructions et travaux non soumis à permis de construire est le Cerfa 16702*03. La fiche officielle du service public a été vérifiée le deux juillet deux mille vingt-six.
Source : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R2028Instruction, affichage, recours : le calendrier réel d'une déclaration
Le délai d'instruction de droit commun d'une déclaration préalable est d'un mois à compter de la réception d'un dossier complet en mairie. Ce délai n'est pas indicatif : il court, et son terme produit un effet juridique.
Il est majoré d'un mois dans plusieurs situations listées à l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme, dont deux concernent directement les Bouches-du-Rhône : lorsque le projet est soumis à un régime d'autorisation ou à des prescriptions prévus par une autre législation, et lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques. Dans ces cas, l'instruction d'une déclaration préalable est portée à deux mois. L'article R. 423-25 précise que les majorations qu'il prévoit ne se cumulent pas avec celle de l'article R. 423-24.
La mairie doit notifier une éventuelle demande de pièces manquantes pendant le premier mois. Passée cette borne, elle ne peut plus réclamer de pièce sans fragiliser sa position. Si la commune ne répond rien au terme du délai, le silence vaut décision de non-opposition à déclaration préalable : les travaux peuvent commencer. Il est vivement conseillé de demander en mairie un certificat attestant cette non-opposition tacite, document qu'un notaire réclamera à la revente et qu'un assureur peut demander en cas de sinistre.
Vient ensuite l'affichage, souvent négligé et pourtant décisif. La décision, expresse ou tacite, doit être affichée sur le terrain, de manière visible depuis la voie publique, sur un panneau rectangulaire dont les dimensions dépassent quatre-vingts centimètres, mentionnant le bénéficiaire, la date et le numéro de l'autorisation, la nature du projet et l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. Cet affichage déclenche le délai de recours des tiers : un voisin dispose de deux mois à compter du premier jour d'un affichage continu pour contester la décision. Tant que l'affichage n'a pas commencé, le délai ne court pas, et un chantier terminé peut encore être attaqué. Faire constater l'affichage par un commissaire de justice au premier et au dernier jour est une précaution peu coûteuse sur une toiture visible depuis la rue.
Enfin, la décision de non-opposition a une durée de validité de trois ans. Elle devient caduque si les travaux ne sont pas engagés dans ce délai, ou s'ils sont interrompus pendant plus d'une année. Deux prorogations d'un an chacune peuvent être demandées avant l'échéance, à condition que les règles d'urbanisme n'aient pas changé entre-temps.
Article R*423-24 du code de l'urbanisme : le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois, notamment lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques. L'article R*423-25 précise que les majorations qu'il énumère ne se cumulent pas avec celle de l'article R*423-24.
Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050929926/Ce que les règlements d'urbanisme intercommunaux du département imposent à une couverture
Obtenir une autorisation ne dépend pas seulement de la bonne case procédurale : il faut aussi que le projet respecte le règlement local. Dans les Bouches-du-Rhône, la planification relève de la Métropole Aix-Marseille-Provence pour ses quatre-vingt-douze communes, et d'autres intercommunalités ailleurs : le pays d'Arles, la Crau et les Alpilles n'en font pas partie. Au sein même de la métropole, la couverture n'est pas homogène : les territoires de Marseille Provence, du Pays d'Aubagne et de l'Étoile et du Pays d'Aix ont un plan local d'urbanisme intercommunal approuvé, tandis que le Pays Salonais, Istres-Ouest Provence et le Pays de Martigues élaborent le leur, les plans locaux d'urbanisme communaux y restant applicables. Le règlement applicable à votre parcelle dépend donc de la commune, et parfois de la zone à l'intérieur de la commune.
Une constante traverse ces documents, mais elle est plus étroite qu'on ne le croit : les prescriptions de teinte et de matériau sont concentrées dans les secteurs patrimoniaux, et elles sont formulées comme des interdictions. Le règlement de Marseille Provence écarte, dans ses zones indicées patrimoniales, les tuiles mouchetées, noires ou trop claires, l'ardoise sur les constructions neuves et les matériaux d'aspect brillant ou réfléchissant ; celui du Pays d'Aubagne et de l'Étoile n'admet, dans ses deux zones de centre ancien, que les tuiles canal ou rondes de teinte locale. Hors de ces secteurs, le règlement de zone est nettement plus ouvert. La pente est également encadrée : le règlement des zones générales du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays d'Aix prévoit que la pente d'une toiture en tuiles creuses de terre cuite est comprise entre vingt-cinq et trente-cinq pour cent — une règle qui s'applique dès lors que la couverture est de ce type, sans pour autant l'imposer —, ce qui correspond au bâti ancien du département, généralement compris autour de trente pour cent. Cette valeur n'est pas décorative : elle conditionne le recouvrement des tuiles canal et donc la tenue à l'eau lors d'un épisode méditerranéen.
D'autres prescriptions reviennent régulièrement selon les zones. Le traitement du débord de toit en génoise est demandé lorsqu'il existe dans le tissu environnant, et sa suppression au profit d'un habillage rapporté est mal accueillie. Les souches de cheminée doivent être maçonnées et conserver leur proportion. Les châssis de toit sont admis avec parcimonie, en nombre limité, alignés sur les percements de l'élévation et posés au nu de la couverture. Les toitures terrasses sont acceptées dans certaines zones et refusées dans d'autres, ce qui explique qu'une demande de transformation en toit-terrasse puisse être régulière sur le plan de la procédure et rejetée sur le fond.
La conclusion pratique est simple. Avant de commander la tuile, il faut lire le règlement de la zone dans laquelle se trouve la parcelle, en consulter le document graphique, et vérifier si une servitude patrimoniale s'y superpose. Une entreprise qui travaille régulièrement sur le secteur connaît les habitudes de chaque service instructeur et sait quelle référence de tuile passe sans discussion sur telle commune, ce qui évite bien des allers-retours. Le choix entre les deux grandes familles de couverture du département est développé sur notre page tuile canal ou tuile marseillaise.
Le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays d'Aix, partie B, dispositions applicables aux zones générales, prévoit que la pente des toitures en tuiles creuses de terre cuite est comprise entre vingt-cinq et trente-cinq pour cent. Ce document s'applique aux communes du Pays d'Aix, et non à l'ensemble de la métropole.
Source : https://plui.ampmetropole.fr/assets/documents/PLUi_CT2_4_1B_REGLEMENT_dispo_zones_generales.pdfTravaux non déclarés : ce que la commune peut encore exiger après coup
Beaucoup de propriétaires découvrent l'obligation de déclarer une fois la couverture reposée. La question n'est alors plus théorique : elle porte sur ce que la commune peut faire, et sur ce qui se passera à la revente.
Sur le plan pénal d'abord, l'article L. 480-4 du code de l'urbanisme punit d'une amende l'exécution de travaux sans l'autorisation exigée ou en méconnaissance de cette autorisation. La constatation passe par un procès-verbal dressé par un agent assermenté ou un officier de police judiciaire, transmis au procureur de la République. Le maire peut par ailleurs ordonner l'interruption des travaux tant que le chantier n'est pas achevé, ce qui, sur une toiture ouverte, met la maison hors d'eau en péril et coûte beaucoup plus cher que la démarche évitée.
Sur le plan administratif ensuite, la commune peut exiger le dépôt d'un dossier de régularisation. Si la couverture posée ne respecte pas le règlement local — une teinte non conforme, une tuile à emboîtement dans une zone où la canal est imposée —, la régularisation est refusée et la remise en état peut être demandée. C'est le scénario le plus douloureux : il implique une seconde dépose complète, à la charge du propriétaire.
Sur le plan patrimonial enfin, l'absence de déclaration se paie à la revente. Le notaire interroge le vendeur sur les travaux réalisés et sur les autorisations obtenues ; un acquéreur averti demande la décision de non-opposition et son certificat. Une toiture refaite sans autorisation crée une incertitude qui pèse sur la négociation, au même titre qu'un diagnostic défavorable — sujet développé sur notre page acheter une maison dont la toiture est à refaire. Elle peut aussi compliquer la mobilisation de la garantie décennale de l'entreprise, l'assureur cherchant la conformité du chantier au moment du sinistre.
Une fois les travaux terminés, une dernière formalité est due : la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux, adressée à la mairie. Elle clôt le dossier et permet à l'administration de vérifier, dans un délai limité, que la couverture réalisée correspond bien à ce qui a été autorisé. La ranger avec les factures et l'attestation d'assurance de l'entreprise, c'est constituer le dossier que réclamera l'acquéreur suivant.
- Vérifier le zonage et le règlement de la parcelle avant de commander la tuile.
- Vérifier l'existence d'une servitude patrimoniale sur la parcelle.
- Déposer le Cerfa 16702 avec la référence et la teinte exactes de la tuile.
- Attendre la décision ou l'expiration du délai avant d'ouvrir le chantier.
- Afficher la décision sur le terrain pendant toute la durée des travaux.
- Déposer la déclaration d'achèvement et conserver le certificat de non-opposition.
Questions fréquentes
Faut-il une déclaration préalable pour refaire sa toiture à l'identique ?
Non. L'article R. 421-13 du code de l'urbanisme dispense de toute formalité les travaux sur constructions existantes qui ne relèvent ni du permis ni de la déclaration préalable. Une réfection reprenant la même matière, la même teinte, la même pente et le même volume est un entretien. La dispense tombe dès qu'un de ces quatre paramètres change, ou si l'immeuble est protégé au titre du patrimoine.
Changer la couleur ou le modèle de tuile impose-t-il une démarche ?
Oui. Le changement de teinte ou de type de tuile modifie l'aspect extérieur du bâtiment et relève de la déclaration préalable au titre de l'article R. 421-17. Le dossier doit indiquer la référence commerciale et la teinte du modèle envisagé. Dans les secteurs patrimoniaux, où le règlement écarte expressément les tuiles noires, mouchetées ou trop claires ainsi que les matériaux d'aspect brillant ou réfléchissant, un tel modèle sera refusé sur le fond.
Quel formulaire Cerfa utiliser pour une déclaration préalable de toiture ?
Le formulaire unique de déclaration préalable pour les constructions et travaux non soumis à permis de construire, référencé Cerfa 16702, dans sa version 16702*03. Les anciens imprimés distincts pour la maison individuelle et pour les autres constructions ne sont plus en service, et un dossier déposé sur un imprimé abrogé est renvoyé au déclarant. Le second formulaire existant vise les installations et aménagements, sans objet pour une couverture.
Combien de temps la mairie a-t-elle pour instruire le dossier ?
Le délai de droit commun est d'un mois à compter de la réception d'un dossier complet. Il est majoré d'un mois, donc porté à deux mois, lorsque le projet se situe dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou aux abords d'un monument historique, conformément à l'article R. 423-24. Passé ce terme sans réponse, le silence vaut non-opposition et les travaux peuvent commencer.
Poser une fenêtre de toit relève-t-il de la déclaration préalable ?
Oui. Un châssis de toit perce le rampant et modifie l'aspect extérieur, même posé encastré à fleur de couverture. La déclaration préalable est donc requise. Aux abords d'un monument historique ou en site patrimonial remarquable, l'architecte des Bâtiments de France se prononce en plus, et refuse fréquemment les châssis visibles depuis l'espace public en centre ancien.
Transformer sa toiture en toit-terrasse, quelle autorisation ?
Un permis de construire dans la quasi-totalité des cas. L'opération supprime la charpente, modifie les structures porteuses et crée une surface accessible. Elle transforme aussi le volume bâti et la silhouette de la maison. Au-delà de la procédure, le règlement de zone doit admettre les toitures terrasses : dans les secteurs à dominante traditionnelle des Bouches-du-Rhône, elles sont souvent écartées.
Que risque-t-on à refaire sa toiture sans déclaration ?
L'article L. 480-4 du code de l'urbanisme punit d'une amende l'exécution de travaux sans l'autorisation exigée. Le maire peut ordonner l'interruption du chantier et exiger un dossier de régularisation. Si la couverture posée contrevient au règlement local, la régularisation est refusée et une remise en état peut être demandée. L'absence d'autorisation pèse également lors de la revente du bien.
Le plan local d'urbanisme peut-il imposer une teinte de tuile ?
Oui, et c'est très fréquent dans le département. Il n'existe pas un règlement métropolitain unique : trois territoires sur six ont un plan local d'urbanisme intercommunal approuvé. Dans leurs secteurs patrimoniaux, ces règlements écartent les tuiles mouchetées, noires ou trop claires, l'ardoise sur les constructions neuves et les matériaux d'aspect brillant ou réfléchissant, et ils encadrent la pente des couvertures en tuiles creuses. Une teinte non conforme au règlement de la zone est un motif d'opposition à la déclaration, indépendamment de toute question patrimoniale.
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